Le dépistage systématique des infections vaginales diminuerait de moitié le taux de prématurité

La prématurité est la première cause de morbidité et de mortalité néonatale. Parmi les causes curables de prématurité, de nombreux arguments plaident pour un rôle majeur des infections vaginales, en particulier de la vaginose bactérienne. Cependant on manque de données sur l'intérêt d'un dépistage et d'un traitement systématique de ces infections lors de la surveillance de la grossesse. Une équipe autrichienne a donc initié une étude multicentrique randomisée pour évaluer l'efficacité de ce dépistage sur le taux de prématurité.

4429 femmes enceintes qui se présentaient pour leur visite de routine du début du deuxième trimestre ont bénéficié d'un prélèvement bactériologique vaginal systématique. La moitié de ces femmes ont été randomisées en un groupe intervention pour lesquelles le résultat de l'examen était communiqué à l'obstétricien qui pouvait décider alors, le cas échéant, d'un traitement antibiotique local, suivi en cas d'échec d'un traitement par voie générale et d'une surveillance bactériologique. Pour l'autre moitié des femmes, qui constituaient le groupe témoin, les résultats du prélèvement n'étaient pas transmis au médecin.

Les résultats sont en faveur de ce dépistage systématique.

Dans 20 % des observations environ et dans les deux groupes, le prélèvement a révélé la présence d'un germe pathogène dans la flore vaginale. Le taux de prématurité (< 37 semaines d'aménorrhée) s'est établi à 3 % dans le groupe intervention (avec un intervalle de confiance à 95 % entre 1,7 et 3,5 %) contre 5,3 % chez les témoins (P=0,0001). De même le pourcentage d'enfants prématurés et de moins de 2500 g à la naissance était significativement inférieur dans le groupe intervention (1,7 % contre 3,5 % ; P=0,0002). Le taux d'avortement tardif a également été divisé par deux dans le groupe intervention, tandis que la fréquence des morts intra-utérines était équivalente dans les deux groupes.

Pour les auteurs ces résultats devraient suffire à inclure cet examen simple dans le bilan systématique du deuxième trimestre de la grossesse.

Dr Céline Dupin


Kiss H et coll. : "Prospective randomised controlled trial of an infection screening programme to reduce the rate of preterm delivery." Br Med J 2004;329:371-375. © Copyright 2004 http://www.jim.fr

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