Le THS est strictement contre-indiqué après un cancer du sein

Au cours des années 90, le traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause, on l'a aujourd'hui un peu vite oublié, était considéré comme le Gold Standard de la prise en charge de la ménopause.

Dans ce contexte, la question de la prescription de THS à des femmes ayant présenté un cancer du sein semblait pertinente. C'est pourquoi un groupe de cancérologues scandinaves avait initié en 1997 une étude randomisée ouverte comparant la prescription de THS pendant 2 ans à l'abstention chez des femmes ménopausées ayant été traitées pour un cancer mammaire de stade I ou II (étude connue sous l'acronyme plus qu'imparfait de HABITS pour Hormonal replacement therapy After Breast cancer Is iT safe ?).

Le critère principal de jugement était simple puisqu'il s'agissait de toute nouvelle manifestation du cancer (récidive, néoplasie contro-latérale ou métastase).

1300 patientes devaient primitivement être incluses dans l'essai pour atteindre un niveau de significativité suffisant pour conclure. Cependant une analyse intérimaire des résultats réalisée en septembre 2003 par le comité de pilotage de l'essai a conduit à l'arrêt de l'étude.

Les résultats provisoires (en intention de traiter) sont en effet tout à fait en défaveur du THS chez ce type de patientes.
Sur 434 femmes randomisées, et après 2,1 ans de suivi médian, 26 événements en rapport avec le cancer du sein sont survenus chez les femmes du groupe THS contre 7 dans le groupe contrôle. Dans deux récidives sur 7 constatées dans le groupe témoin un THS avait été effectivement reçu par les patientes contrairement à la randomisation initiale alors que tous les événements en rapport avec un cancer du sein chez des malades du groupe THS étaient survenus chez des patientes ayant été réellement exposées au traitement hormonal.
Le risque relatif (RR) de récidive pour les patientes sous THS s'établit ainsi à 3,5 par rapport aux femmes sans THS (intervalle de confiance à 95 % entre 1,5 et 8,1).
Une analyse par sous groupes montre que le RR atteint 4,8 chez les femmes traitées pour des tumeurs porteuses de récepteurs estrogéniques. Le RR reste supérieur à 1 chez les femmes ayant des récepteurs estrogéniques négatifs ou traitées par anti-estrogènes mais les effectifs sont trop faibles pour atteindre le seuil de significativité statistique.

Sur la constatation de ces résultats intérimaires, le comité de pilotage de l'essai a interrompu l'étude et a recommandé à toutes les patientes sous THS de cesser immédiatement ce traitement.

Au vu de ces données, la prescription d'un THS paraît devoir être strictement contre-indiquée chez des patientes ayant souffert d'un cancer du sein.

Dr Anastasia Roublev


Holmberg L et coll. : " HABITS (hormonal replacement therapy after breast cancer-is it safe ?), a randomised comparison: trial stopped." Lancet 2004; 363: 453-55. © Copyright 2004 http://www.jim.fr

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