Le traitement du pied diabétique par pression négative démontre son efficacité

Les plaies du pied chez le diabétique sont souvent des lésions très difficiles à traiter et à la chronicité désespérante. Une situation est notamment spécialement rebelle à la cicatrisation : la plaie après amputation partielle. Dans ces cas en effet, toutes les conditions générales et locales d'échec sont réunies.

La prise en charge infirmière de ce type de patients repose classiquement sur un évitement de l'appui et sur des soins locaux quotidiens utilisant divers types de pansements.

Une équipe américaine a voulu tester, dans cette indication, une technique de traitement des plaies mise au point il y a quelques années, le drainage par aspiration sous pression négative. Cette méthode, qui repose sur l'utilisation d'un bloc de mousse percé de pores sous un pansement adhésif transparent relié à une pompe à vide, a déjà fait la preuve de son efficacité au travers d'essais contrôlés conduits dans diverses situations cliniques. Ses effets sur les plaies post-amputation chez le diabétique, situation ô combien délicate, n'avait pas fait jusqu'ici l'objet d'une étude randomisée de grande ampleur.

168 diabétiques amputés partiels du pied (jusqu'au niveau transmétatarsien) ont été randomisés entre un traitement classique et un drainage par aspiration sous pression négative (DAPN), avec changement de pansement toutes les 48 heures). Pour être éligibles, les patients devaient avoir également une oxygénation tissulaire satisfaisante au niveau du pied opéré. L'essai a duré 16 semaines. L'évaluation des effets du traitement a été faite en aveugle.

Le taux de cicatrisation a été de 56 % dans le groupe DAPN (durée médiane de fermeture de la plaie : 56 jours) contre 39 % dans le groupe contrôle (durée médiane de fermeture de la plaie : 77 jours) (p= 0,04). Les vitesses de cicatrisation et de couverture de la plaie par un tissu de granulation sur plus de 75 % de la superficie ont également été supérieures chez les patients assignés au DAPN (p = 0,005 et p= 0,002).

La fréquence des complications, à type de surinfection, a été identique dans les deux groupes (autour de 50 %).

Même si les résultats ne sont bien sûr pas spectaculaires, ce type de traitement par DAPN semble donc pouvoir être proposé pour les plaies du pied du diabétique amputé (tout au moins chez les patients ayant une oxygénation tissulaire encore satisfaisante). Une étude économique devrait permettre de déterminer si le coût de la technique est compensé par une réduction de la durée d'hospitalisation.

Dr Nicolas Chabert


Amstrong D et coll. : « Negative pressure wound therapy after partial diabetic foot amputation : a multicentre, randomised controlled trial. » Lancet 2005 ; 366 : 1704-10. © Copyright 2005 http://www.jim.fr

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