Le traitement hormonal substitutif et prévention secondaire de la maladie coronaire : bénéfice surtout à long terme

Le traitement hormonal substitutif (THS) instauré à la ménopause posséderait des vertus cardiovasculaires qui ont été largement chantées au cours de la dernière décennie. Cette notion provient en fait d'études d'observation qui ne sont pas exemptes de biais. L'étude HERS (Heart and Estrogen/progestin Replacement Study) a été la première étude randomisée à remettre en question l'efficacité du THS dans la prévention de la maladie coronaire. Certes, il s'agissait de prévention secondaire, mais les résultats n'en sont pas moins éloquents même s'ils n'interdisent pas d'espérer des bénéfices dans le domaine de la prévention primaire. Dans l'année qui suit l'instauration du THS, la fréquence des évènements cardiovasculaires tend à augmenter, alors qu'elle diminuerait au cours des années ultérieures. La Nurses'Health Study est une étude d'observation prospective qui a porté sur une cohorte de 2 489 femmes ménopausées atteintes d'un infarctus du myocarde (IDM) ancien ou d'une athérosclérose documentée. Entre 1976 et 1996, 213 cas d'IDM non létal ou de décès cardiaque ont été recueillis.
Des questionnaires remplis tous les 2 ans ont permis de s'informer sur la prise éventuelle d'un THS et sur les récidives de la maladie athéromateuse. Les risques relatifs ont été ajustés en analyse multivariée à l'aide de modèles de régression logistique multiple.
La fréquence des événements coronaires majeurs tend à diminuer avec l'augmentation de la durée du THS (p=0,002). En cas d'exposition à court terme, le risque relatif ajusté quant aux évènements en question est de 1,25 (IC 95 %, 0,78 à 2,00, comparativement aux sujets non exposés). Après traitement au long cours, la fréquence des évènements secondaires semble plus faible en cas de traitement régulier (RR, 0,38 ; IC, 0,22 à 0,66). Aucune différence n'est mise en évidence entre les estrogènes administrés isolément et l'association estrogènes-progestine. Globalement, avec un suivi d'environ 20 ans, le risque relatif d'événement coronaire secondaire, en cas de THS régulier, est estimé à 0,65 (IC, 0,45 à 0,95), comparativement à l'absence d'un tel traitement.
Cette étude d'observation n'est pas un essai contrôlé : elle suggère tout au plus que le risque d'évènements coronaires majeurs semble augmenter en cas d'exposition brève au THS chez des femmes atteintes d'une maladie coronaire connue. La fréquence de ces événements diminuerait quand le THS est poursuivi à long terme.

Ph T


Grodstein F et coll. : "Postmenopausal hormone use and secondary prevention of coronary events in the Nurses'Health Study." Ann Int Med 2001; 135: 1-8. © Copyright Jim Online 2001.

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