Le traitement par embolisation des fibromes utérins tient-il ses promesses ?

Le traitement des fibromes utérins par embolisation utérine est-il efficace et sans risque ?
L'équipe du Georgetown University Hospital de Washington, qui ne fut pas pionnière en la matière, apporte une réponse à cette question en publiant les résultats observés sur une série continue de 200 patientes constituée à partir de juillet 1997. Toutes souffraient de fibromes « compliqués » (méno-métrorragies, douleurs pelviennes, troubles mictionnels, compression urétérale). La technique n'était pas retenue en cas de grossesse en cours, de stérilité attribuée au fibrome, de fibrome aisément extirpable par hystéroscopie, d'utérus de taille supérieure à 24 semaines d'aménorrhée.
Une carte détaillée des fibromes a été faite par IRM avant l'intervention, laquelle consistait en une embolisation bilatérale des artères utérines. La durée d'hospitalisation a été le plus souvent de 24 heures et le retour à une activité normale a demandé en moyenne 8 jours.
La plupart des patientes, 87 à 93% selon les critères de jugement, ont vu leur symptomatologie s'améliorer comme l'ont montré les évaluations à trois mois puis à deux ans. Ceci a été valable tant pour les ménométrorragies que pour les symptômes de compression directement liés à la taille de l'utérus.
L'imagerie de contrôle a permis de calculer que le volume du fibrome le plus important a en moyenne diminué de 44% à 3 mois et de 58% à 1 an.
Quelques complications ont été observées dans cette série. La majorité sont survenues peu après l'intervention et ont été bénignes (hématome au point de ponction fémoral, douleurs pelviennes en rapport avec la nécrose). La seule complication majeure constatée a été une embolie pulmonaire qui a nécessité quatre jours d'hospitalisation.
A distance, 3 femmes sont restées aménorrhéiques. Vingt et une patientes ont nécessité une réintervention pour le symptôme initial ; le plus souvent il s'est agi d'un curetage ou d'une hysperoscopie ( 9 cas). Neuf de ces malades, cependant, ont dû subir une hystérectomie dans un délai de 4 à 20 mois.
Globalement, l'immense majorité des patientes note donc une amélioration des symptômes. Cette satisfaction est en quelque sorte authentifiée par le résultat obtenu en termes de diminution du volume du fibrome le plus gros. Les complications graves sont rares et le résultat se maintient à distance. En conclusion la technique semble réellement tenir ses promesses.

Dr Daniel Rotten


Spies JB et coll. : « Uterine artery embolization for leiomyomata ». Obstet Gynecol., 2001 ; 98 : 29-34. © Copyright Jim Online 2001.

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