Les protocoles médicamenteux pour les IVG sont également efficaces pour les fausses-couches spontanées

Les grossesses arrêtées du 1er trimestre sont des situations quotidiennes compte tenu de leur fréquence. Les conduites à tenir oscillent sans consensus véritable entre l'abstention thérapeutique source d'infection, de rétention, d'hémorragie et parfois de mauvais vécu par les patientes et la prise en charge chirurgicale immédiate par l'aspiration curetage sous anesthésie générale comportant ses risques traumatiques (perforation, synéchie, traumatisme cervical) et anesthésiques, sans oublier le coût.

C'est pourquoi PT Wagaarachchi et coll. de la Maternité de l'hôpital d'Aberden, Grande-Bretagne, a étudié l'efficacité de l'association RU 486 + prostaglandine E1 dans cette situation à partir d'un échantillon de 220 patientes présentant un arrêt précoce de leur grossesse au 1er trimestre et-ou un oeuf clair. Chaque patiente recevait une dose orale de mifepristone 200 mg (Mifégyne*) suivie 36 à 48h plus tard de 800 mcg de misoprostol (Cytotec*) per-vagina réadministré deux fois à la dose de 400 mcg à 3 heures d'intervalle (1600 mcg au total). En cas d'échec, un renouvellement du même protocole était proposé. Le succès était défini par une évacuation complète dans les 3 jours. Le taux global de réussite a été de 84% avec un intervalle de temps médian de 8h (1 à 51h) avec une évacuation spontanée avec la mifépristone seule dans 18% des cas. Le traitement médical a été un échec chez 30 (21%) des 142 patientes symptomatiques contre 5 (6%) des 78 patientes asymptomatiques (p = 0,007). Parmi ces 35 échecs, 8 ont nécessité une évacuation chirurgicale en urgence pour hémorragie. Les auteurs concluent que l'association misopristol-mifégyne est une alternative acceptable pour la prise en charge médicale des fausses couches précoces même si elle n'est pas aussi efficace que l'évacuation chirurgicale. Ils remarquent que ce protocole semble plus actif en cas de fausse-couche cliniquement asymptomatique.

Notons toutefois qu'il s'agit d'une simple étude de faisabilité qui mérite confirmation. Elle n'est pas comparative avec randomisation versus abstention ou aspiration chirurgicale, et il n'est donc pas possible de calculer le risque relatif ou « le number need to treat » par exemple qui sont les données statistiques indispensables au Clinicien pour juger de l'apport d'une nouvelle technique ou thérapeutique. De plus, ni la mifégyne* ni le cytotec* n'ont d'AMM dans cette indication.

Dr Jean-Marie Brideron


Wagaarachchi PT. et coll. «Medical management of early fetal demise using a combination of mifepristone and misoprostol » Human Reproduction 2001;9:1849-53. © Copyright Jim Online 2001.

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