Ménopause : les estrogènes équins augmentent la densité minérale osseuse, même à faibles doses

Le recours à des doses faibles d'estrogènes équins conjugués (EEC) est recommandé, dans le cadre du traitement hormonal substitutif (THS), tout particulièrement à son début, mais aussi au long cours. L'estradiol est alors prescrit, en association avec l'acétate de méthoxyprogestérone (AMP), à une dose < 0,625 mg/j, cette dernière étant la plus couramment utilisée dans le cadre du THS. Il est ainsi possible d'atténuer les troubles fonctionnels imputables à la ménopause, notamment les bouffées de chaleur. La prévention de l'ostéoporose est-elle accessible à ces faibles posologies ? C'est à cette question que répond une étude randomisée, menée à double insu contre placebo dans laquelle ont été incluses 822 femmes ménopausées, âgées de 40 à 65 ans. Les dernières règles dataient au maximum de 4 ans. Plusieurs groupes ont été constitués selon la posologie des estrogènes et des progestatifs : 1) EEC : 0,625 ; 2) EEC 0,625 + AMP 2,5 ; 3) EEC 0,45 ; 4) EEC 0,45 + AMP 1,5 : 4) EEC 0,3 ; 5) EEC 0,3 + AMP 1,5 ; 6) placebo. Ces traitements ont été administrés pendant 2 ans et combinés à une supplémentation calcique.

Au terme du suivi, la densité minérale osseuse (DMO) mesurée au niveau de la hanche et du rachis s'élève, dans les groupes traités, par rapport à ses valeurs basales (p<0,001). Il en va de même pour la DMO du corps entier, sauf dans le groupe EEC 0,3. Cette évolution diffère de celle observée sous placebo, puisque, dans ce cas, la DMO du rachis et du corps entier diminue significativement au cours du temps (p<0,001). Au niveau de la hanche, la baisse de la DMO, dans ce groupe, n'est significative qu'à 18 mois (p=0,02). Dans les groupes traités, les taux d'ostéocalcine et des N-télopeptides du collagène de type I diminuent significativement par rapport à l'état basal (p<0,001), alors qu'ils ne subissent pas de variation sous placebo. En cas de monothérapie par les EEC, l'augmentation de la DMO du rachis est plus élevée à la dose de 0,625 mg/j (p=0,02 versus 0,3 mg/j ; NS vs 0,45 mg/j, p=0,48).

Cette étude contrôlée démontre que des doses faibles d'EEC (<0,625 mg/j) sont capables de prévenir l'ostéoporose post-ménopausique. Elle confirme aussi l'existence d'une relation dose-effet, tout au moins pour la DMO rachidienne.

Dr John Sorri


Lindsay R et coll. : "Effect of lower doses of conjugated equine estrogens with and without methoxyprogesterone acetate on bone in early postmenopausal women". JAMA 2002; 287: 2268-2676. © Copyright Jim Online 2002.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article