Une hypothermie modérée améliore le pronostic après arrêt cardiaque

375 000 personnes sont victimes chaque année d'un arrêt cardiaque extra hospitalier en Europe. Si la survie a très sensiblement augmenté grâce aux équipes mobiles de réanimation, les séquelles neurologiques, parfois très invalidantes, observées chez les patients réanimés avec succès demeurent un problème majeur.
Deux équipes, l'une européenne, l'autre australienne, ont testé avec succès, dans le cadre d'études multicentriques randomisées, un traitement préventif de ces séquelles neurologiques par hypothermie.
Dans le premier travail européen 275 patients qui avaient récupéré une circulation spontanée après un arrêt cardiorespiratoire ont été randomisée en un groupe assigné à une hypothermie modérée entre 32 et 34° C durant une période de 24 heures et un groupe contrôle recevant les soins habituels. Il s'agissait de malades à très haut risque de séquelles puisque le délai estimé entre le collapsus initial et les premiers secours devait être compris entre 5 et 15 minutes ce qui exclue les patients réanimés immédiatement. L'hypothermie a été assurée de façon simple par circulation d'air frais et utilisation de sacs de glace (voir photo).
En terme de pronostic neurologique, 55 % des patients du groupe hypothermie ont eu une évolution favorable contre 39 % dans le groupe normothermie (risque relatif de séquelles sous normothermie : 1,4 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,08 à 1,81). En terme de survie, celle ci a été de 59 % à 6 mois avec l'hypothermie et de 45 % avec le traitement classique (risque relatif de décès dans le groupe hypothermie : 0,74 ; IC 95 % : 0,58 à 0,95).
Dans la deuxième étude australienne, 77 patients du même type ont été randomisés en un groupe hypothermie à 33°C sur 12 heures et un groupe contrôle. La survie sans séquelles neurologiques importantes à la sortie de l'hôpital a été de 49 % avec l'hypothermie et de 26 % sous normothermie (P=0,046).
Le mécanisme en cause dans cet effet bénéfique est probablement complexe et passerait notamment par une prévention des dommages cérébraux liés à la libération de radicaux libres.
Quoi qu'il en soit, mise en pratique, cette mesure simple et peu coûteuse pourrait conduire à améliorer le pronostic neurologique de milliers de patients chaque année dans le monde.

Dr Anastasia Roublev


The Hypothermia after Cardiac Arrest Study Group: " Mild therapeutic hypothermia to improve the neurologic outcome after cardiac arrest." N Engl J Med 2002; 346: 459-56.

Bernard S et coll.: "Treatment of comatose survivors of out-of-hospital cardiac arrest with induced hypothermia." N Engl J Med 2002; 346: 557-63. © Copyright Jim Online 2002.

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