Le phénotypage numérique pour préciser la qualité de vie après une chirurgie pour cancer

A partir des différentes utilisations d’un smartphone il est possible de dresser ce que l’on appelle un « phénotype numérique ». Ces données, largement exploitées par les sociétés de marketing, pourrait également « servir » dans le domaine de la santé avec des indications sur le comportement, l’activité physique, les fonctions cognitives... Par exemple, l’accéléromètre (podomètre) du smartphone permet de mesurer l’activité physique de son propriétaire. Autant de possibilités qui pourraient aider à évaluer la qualité de vie de patients et son évolution, notamment par exemple après une intervention pour un cancer. et son amélioration après intervention pour cancer.

Beiwe est une plateforme de recherche sur le phénotypage numérique conçue pour recueillir des données brutes sur smartphone. L’objectif principal est ici de développer des outils statistiques et informatiques pour permettre l’extraction d’informations biomédicales et cliniques.

Une étude a porté sur des adultes qui devaient être opérés entre 2017 et 2019 pour un cancer et qui avaient téléchargé une application Beiwe sur leur portable, destinée à recueillir en continu les données de l’accéléromètre en préopératoire et 6 mois après l’intervention. On a considéré que les données de l’accéléromètre étaient un substitut de l’activité réelle du patient. Ainsi, en connaissant le nombre de mn/j où le recueil a été fait, déterminé une activité d’exercice quotidien (AEQ) a été déterminée, par rapport à un seuil prédéfini. L’AEQ concerne la marche, l’ascension d’escaliers, par opposition à l’activité stationnaire (debout, assis, couché). On a comparé ensuite l’AEQ des malades avec ou sans évènement postopératoire [complication, réadmission, réintervention, même programmée , par exemple prothèse après mastectomie)].

Sur les 62 opérés, 17 ont eu une complication postopératoire. Ce sous-groupe avait subi des interventions plus lourdes (temps, perte de sang. durée de séjour, consultations postopératoires) que les 45 qui n’ont pas été victime de complication. Les données recueillies sur le portable ont permis de constater une AEQ réduite, surtout au cours des semaines 1, 3, 5 et 6. Peu d’entre eux ont réussi à exercer une activité d’une heure/j dans les 6 semaines postopératoires.

Les données de l’accéléromètre intégré au téléphone portable permettent de trouver des différences objectives d’activité physique chez des patients ayant eu des suites simples ou plus houleuses, et de suivre leur récupération.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Panda N et coll. : Using smartphones to capture novel recovery metrics after cancer surgery. JAMA Surg. 2020;155(2):123-129.

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