Revacciner les enfants après le traitement d’une LAL

L’incidence des infections invasives à pneumocoque est 200 fois plus élevée chez les enfants atteints de leucémie aiguë lymphoblastique (LAL), par rapport aux enfants en bonne santé. Le risque est aussi accru pour la rougeole et la varicelle, et persiste plusieurs années après le traitement. Toutefois, être parfaitement vacciné avant un diagnostic de LAL n’est pas l’assurance d’une bonne immunité. Le titre des anticorps dirigés contre les antigènes contenus dans les vaccins semble en effet diminuer au cours du traitement, ce qui pose la question de la nécessité d’une revaccination après celui-ci. Pour le moment, il n’existe pas de consensus sur ce sujet de la revaccination.

Baisse de l’immunisation après chimiothérapie

Une équipe canadienne publie les résultats d’une étude menée sur 74 enfants traités pour une LAL. L’objectif était d’évaluer la baisse de l’immunité vis à vis de 14 sérotypes de pneumocoque, de la toxine pertussique, de l’anatoxine tétanique et de la varicelle. Parallèlement, des tests sérologiques ont été pratiqués chez 78 sujets témoins au début de l’étude et leurs résultats ont été comparés à ceux des patients atteints de leucémie aigüe lymphoblastique.

Les données confirment que l’immunisation est significativement diminuée chez les enfants traités. Après la chimiothérapie, ils ne sont plus que 41 % à être correctement immunisés contre diphtérie, tétanos et coqueluche, versus 89 % des enfants témoins. C’est le cas aussi pour l’immunisation contre le pneumocoque (59 % vs 79 %). Pour la varicelle, 77 % des enfants initialement séropositifs présentent une sérologie indéterminée ou négative après le traitement.

Bonne réponse sérologique à la revaccination

Quatre à 12 mois après la chimiothérapie, les patients ont reçu un vaccin DTaP-IPV-Hib et un vaccin anti-pneumococcique conjugué à 13 valences (PCV13), suivis 2 mois plus tard par un vaccin anti-pneumococcique polysaccharidique à 23 valences (PPV23). Des tests sérologiques ont été à nouveau réalisés 2 mois et 12 mois après la vaccination. Une bonne réponse sérologique à ces vaccinations post-chimiothérapie a été constatée. En effet, 2 mois après, les titres des anticorps remontent et sont encore élevés 12 mois plus tard. Aucun effet secondaire grave n’est décrit.

Les auteurs estiment que tous les enfants ayant reçu une chimiothérapie pour une LAL devraient bénéficier d’une revaccination systématique à partir de 4 mois après le traitement, et d’autant plus que cette revaccination est bien tolérée.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Top KA et coll. : Waning vaccine immunity and vaccination responses in children treated for acute lymphoblastic leukemia: A Canadian Immunization Research Network Study. Clin infect dis., 2020; publication avancée en ligne le 18 février. doi: 10.1093/cid/ciaa163.

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