Vaut-il mieux manger à la cantine ?

Au Royaume-Uni, deux possibilités s’offrent aux enfants déjeunant à la cantine. Ils peuvent bénéficier du repas fourni par l’école ou apporter leur panier-repas préparé à la maison. Chacune des options concerne environ la moitié des enfants.

Dans le cadre de la lutte contre l’obésité, des normes ont été établies en 2006 pour les repas fournis par les cantines. Elles recommandent de réduire les confiseries, les en-cas salés et les boissons sucrées et d’inclure dans chaque repas des fruits, des légumes, des protéines et des produits laitiers. Aucune régulation n’existe pour la composition des paniers-repas et différentes enquêtes ont montré qu’ils étaient de moins bonne qualité nutritionnelle que les repas scolaires. Des actions ont donc été entreprises pour les améliorer, comme le programme « Smart Lunch box » mis en œuvre pendant plusieurs mois dans de nombreuses écoles du pays.

Une équipe a comparé l’évolution de la composition des paniers-repas d’enfants de 8-9 ans, entre 2006 (n = 1 148) et 2016 (n = 323). Il s’avère que des changements sensibles sont survenus et les aliments « sains » sont présents plus souvent dans les paniers-repas. Toutefois, des derniers sont encore dominés par les sucreries, les snacks salés et les boissons sucrées.

Toujours trop de sucres et peu d’aliments frais dans les paniers-repas

Reconnaissons que la présence et la quantité de boissons sucrées et de confiseries ont diminué. La proportion d’enfants venant à l’école avec une boisson sucrée pour accompagner le déjeuner est passée de 60 % en 2006 à 46 % en 2016 et celle des enfants apportant une confiserie de 62 % à 52 %. Des biscuits sans chocolat sont présents plus souvent (de 15 % à 24 %). En revanche, les portions des produits laitiers ont diminué et les légumes restent rares, en 2016 comme en 2006.

L’amélioration essentielle constatée dans la qualité nutritionnelle des paniers-repas est la diminution des sucres extrinsèques non laitiers et un respect plus fréquent des recommandations concernant ces sucres. Il n’est pas constaté de réduction des graisses saturées et les taux de certains nutriments essentiels diminuent, en lien avec une réduction de la proportion de repas conformes aux standards pour la vitamine A (- 8 %), la vitamine C (- 35 %) et le zinc (- 8 %). Le contenu en fer est faible dans les deux cas. Ces taux faibles de certaines vitamines et minéraux tiennent à ce que les paniers-repas contiennent peu d’aliments frais, comme les salades ou les légumes, viandes et poissons non transformés, et peu de céréales entières.

Au-delà de ce sujet précis des paniers-repas, ces données montrent qu’il n’est pas simple de faire passer dans la pratique les messages concernant l’alimentation des enfants. Pour les auteurs, plusieurs intervenants sont essentiels, parmi lesquels les autorités sanitaires, l’industrie alimentaire et les écoles elles-mêmes.

Dr Roseline Péluchon

Références
Evans CEL et coll. : A repeated cross-sectional survey assessing changes in diet and nutrient quality of English primary school children’s packed lunches between 2006 and 2016. BMJ Open 2020;10:e029688

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Vos réactions (1)

  • Nutrition domestique et qualité

    Le 17 janvier 2020

    Etude intéressante, qui montre l'usage du tout préparé industriel dans la nourriture donnée aux enfants à apporter à l'école. Solution de facilité pour les parents, et probablement bien acceptée par les enfants qui rechignent malheureusement à prendre de vrais repas équilibrés. C'est un phénomène de société qui ne s'améliorera vraiment que si l'industrie alimentaire cesse de fournir des aliments transformés de qualité nutritionnelle douteuse et bon marché. Ce ne sera pas demain...et nous continuerons donc à fabriquer des adultes habitués au fast food et à ses perditions…

    Dr Astrid Wilk

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