Déficit en vitamine D et HPTP, c’est plutôt un adénome sur une seule glande

L’hyperparathyroïdie primaire (HPTP) est assez fréquente. La sécrétion de l’hormone parathyroïdienne (PTH) est régulée en partie par la forme active de la vitamine D (OHD2). Classiquement, l’HPTP s’accompagne d’une hypercalcémie et d’une élévation de la 25-OHD2. Plus rarement, et alors même que la fonction rénale est normale, c’est un déficit en OHD2 qui se rencontre lors de certaines HPTP, avec alors ostéomalacie et hypersécrétion de PTH, ce qui a donné lieu à diverses hypothèses pathogéniques souvent fumeuses (la pataugé-nie). Les auteurs américains se sont attachés à élucider la relation entre une hypovitaminose D préopératoire et les constatations opératoires faites au cours de la parathyroïdectomie pour HPTP.

Pour ce faire, ils ont procédé à une analyse rétrospective de toutes les parathyroïdectomies pratiquées pour HPTP dans leurs 2 centres entre 2001 et 2019. Les malades ont été classés en 3 groupes en fonction de leur taux préopératoire en 25-OHD2 : Déficitaire (D) en-dessous de 20 ng/ml, Insuffisant (I) entre 20 et 30 ng/ml, et Correct (C ) (> 30 ng/ml). Les D et I n’ont pas reçu systématiquement de vitamine D.

Même taux de guérison quel que soit le statut initial en vitamine D

Dans la pratique chirurgicale des auteurs, ils commencent par explorer le côté que l’imagerie préopératoire affirme le plus atteint ; ils enlèvent alors la glande qui paraît pathologique et, si l’autre glande ipsilatérale semble normale, ils n’explorent pas l’autre côté (sauf si la PTH peropératoire n’a pas chuté d’au moins 50 %). Ils s’aident, pour repérer les glandes, de la gamma-caméra après injection préopératoire de Te99-sestamibi radioactif. Une fois la parathyroïde malade enlevée, la radioactivité est mesurée, et si elle dépasse de 20 % celle de l’arrière-plan (isthme thyroïdien), c’est un argument pour une hyperplasie, un dépassement de > 200 % militant pour des adénomes. La pièce est envoyée en anatomo-pathologie. La persistance d’une calcémie normale (< 105 mg /l) au bout de 6 mois définit la guérison.

Sur les 2 230 patients opérés (78 % femmes), il y avait 319 D, 1 108 I et 803 C. Les hommes étaient surreprésentés parmi les D (31%) et les I (23 %) par rapport aux C (16 %). Les malades D étaient aussi significativement plus jeunes (55 ans) que les I (59) et les C (62 ans).

On a aussi constaté chez les D un taux de PTH (161 pg/dl) très supérieur à celui des I (128) et des C (113 pg/dl). Cette augmentation relative de la PTH se retrouve chez les D en postopératoire par rapport aux 2 autres groupes. En ce qui concerne la guérison authentifiée par la normo-calcémie, elle a été obtenue de la même façon dans les 3 groupes. Ce qui est le plus frappant, c’est la surreprésentation des adénomes d’une parathyroïde dans les groupes D et I (71 %) alors que le taux n’en est que de 62 % dans le groupe C. Inversement, l’incidence de l’hyperplasie (25 %) est très supérieure (25 %) dans le groupe C à ce qu’elle est dans les groupes D et I (19 %) (p < 0,001).

La déficience en vitamine D est assez souvent associée avec un adénome d’une seule glande parathyroïde.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Gillis A et coll. : Vitamin D deficiency is associated with single gland parathyroid disease. Am J Surgery, 2022; 224: 914-917. doi: 10.1016/j.amjsurg.2022.04.005.

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