On soigne bien le pso en télédermato !

Dans de nombreuses régions du monde et même des pays développés, l’impossibilité d’accéder à des soins spécialisés est une des raisons pour lesquelles les patients souffrant d’une dermatose chronique présentent une évolution défavorable. La télédermatologie est sensée pallier en partie ces difficultés mais des questions se posent quant aux modalités optimales et à l’efficacité de cette démarche.

Pour tenter de répondre à ces interrogations, une équipe américaine a entrepris un essai randomisé sur un an, comparant les résultats en terme de réponse clinique objective chez des patients souffrant de psoriasis pris en charge « en ligne » ou de manière "traditionnelle" en consultation face à face.

Les participants ont été recrutés entre le 2 février 2015 et le 18 aout 2017 ; il s’agissait d’adultes âgés d’au moins 18 ans atteints d’un psoriasis diagnostiqué par un médecin ayant accès à internet et disposant d’une caméra numérisée ou d’un smartphone. Tous avaient un médecin traitant généraliste.

Au total les 296 patients inclus (147 femmes, âge moyen 49 ans -DS 14-) ont été randomisés 1 : 1 pour être pris en charge en ligne ou en consultation classique. Dans le premier cas, les dermatologistes indiquaient le résultat de leur évaluation, leurs recommandations et leurs prescription en ligne à la demande soit du généraliste soit du patient lui-même, toutes les informations étant partagées sur une même plateforme. Dans l’autre groupe, les patients consultaient en personne leur généraliste ou un dermatologue. A l'entrée dans, l'étude les différents stades de gravités et localisations du psoriasis étaient également représentés dans les deux groupes.

Même diminution du PASI qu’avec une prise en charge classique

Le premier critère retenu pour juger de l’efficacité des deux types de prise en charge était la modification du PASI (Psoriasis Area and Severity Index) calculé par le patient lui-même. Les critères secondaires étaient l’étendue du psoriasis (BSA pour Body Surface Area) et le score d’évaluation par le patient (PGA pour Patient Global Assesment). Ces scores ont été mesurés à quatre reprises : à l’inclusion puis à 3, 6, 9 et 12 mois.

L’évolution du PASI moyen et du BSA a accusé une différence entre les deux groupes on line et face à face de -0,27 (intervalle de confiance à 95 % –0,85 à 0,31) et de -0,05 % (IC) –1,58 % à 1,48 % respectivement. Ces chiffres se situent dans l’intervalle préspécifié d’équivalence, autrement dit, les deux types d’intervention aboutissent à des résultats cliniques comparables. En revanche en ce qui concerne le PGA, la différence de modification de ce score (-0,11 ; IC –0,32 à 0,10 suggère que le groupe « en ligne » a éprouvé une amélioration jugée plus importante par les patients.

Selon cet essai et avec le modèle utilisé ici, les performances de la télédermatologie rejoignent celles d’une prise en charge classique pour le suivi d'un psoriasis. C’est donc un argument fort en faveur la télédermatologie qui devrait pouvoir faciliter l’accès aux soins des patients atteints de pathologie chronique.

Mais beaucoup reste à faire pour s’assurer de la qualité technologique des prestations et des capacités d’adaptation des patients et des médecins à ce type de pratique, ainsi que pour en optimiser les aspects financiers (rémunération des médecins, remboursement des malades...).

Dr Marie-Line Barbet

Référence
Amstrong WA et coll. Effectiveness of Online vs In-Person Care for Adults With Psoriasis. A Randomized Clinical Trial. JAMA Network Open. 2018;1(6):e183062. doi:10.1001/jamanetworkopen.2018.3062

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