Petit déjeuner et exercice physique : une recette pour ne pas devenir obèse ?

L’excès pondéral des sujets jeunes, surpoids et/ou obésité, est l’un des problèmes de santé majeurs à l’échelle mondiale. Cet excès de poids a des conséquences néfastes bien connues à long terme.

Une première approche thérapeutique est la modification du mode de vie par amélioration de l’alimentation, de l’exercice physique et du comportement non sédentaire. Sauter le petit déjeuner est un facteur bien étudié associé à une prise de poids excessive.

De plus, l’exercice physique (EP) est bénéfique pour la santé lorsqu’il est pratiqué avec une intensité suffisante. L’exercice physique modéré à fort (EPMF) est défini par une consommation énergétique équivalente à plus de 3 fois celle de repos.

L’OMS recommande une moyenne quotidienne d’EPMF d’au moins 60 mn, chaque semaine. Une étude a montré que la prise fréquente d’un petit déjeuner était associée à une proportion de temps plus grande en EPMF. Cette association pourrait diminuer le risque de développer un excès de poids.

Une étude transversale espagnole

Des chercheurs en santé publique ont recruté dans les écoles de la région de Murcie et de la province de Cáceres, 2 890 sujets âgés de 6 à 17 ans (filles 46 %).

Les critères d’exclusion étaient l’absence de participation aux leçons d’éducation physique, des problèmes de santé qui diminuaient la participation à l’EP, la prise de médicaments. Un questionnaire renseigné par un personnel qualifié a déterminé de façon dichotomique la qualité du petit déjeuner : avec ou sans prise de ce repas.

L’exercice physique a été évalué par un questionnaire adapté à l’âge (enfant ou adolescent) afin d’identifier le temps passé en EPMF durant les 7 derniers jours. La mesure du poids et de la taille a permis de déterminer l’IMC qui a été converti en Z-score.

La classification en surpoids et obésité a été établie selon les critères de l’OMS pour le sexe et l’âge. Les analyses de régression logistique binaires, ajustées pour tenir compte des covariables (âge, région, statut socio-économique), ont permis d’étudier les associations entre le nombre de minutes quotidiennes d’EPMF, le statut du petit déjeuner et l’excès de poids.

Une réduction de l’association négative

Au total, la prévalence de l’excès de poids était plus élevée chez les garçons (43 %) que chez les filles (35 % ; p < 0,001). Par ailleurs, le nombre de participants sautant le petit déjeuner était plus important chez les filles (13 %) que chez les garçons (9,2 % ; p = 0,001). Le taux d’EPMF était plus élevé chez les garçons (p < 0,001) que chez les filles.

Les analyses de modération suggèrent que la relation entre sauter le petit déjeuner et l’excès pondéral est modulée par le nombre de minutes quotidien passé en EPMF dans les 2 sexes, malgré les différences entre garçons et filles.

En d’autres termes, une activité physique suffisante est associée à une réduction de l’effet négatif de sauter le petit déjeuner sur l'IMC (garçons : β = − 0,175 ; filles : β  = − 0,073) et sur le surpoids (garçons : OR 1,10 ; IC 95 % 1,02-1,07 ; filles : OR 1,14 ; IC 95 % 1,04-1,24).

En conclusion, une activité physique d'intensité suffisante semble réduire l'effet du saut du petit-déjeuner sur le statut pondéral des jeunes. La promotion du petit déjeuner devrait être accompagnée d’une activité physique modérée à vigoureuse pour un effet optimal sur la limitation de la prise de poids.

Dr Jean-Jacques Baudon

Référence
López-Gil JF, Sánchez-Miguel PA, Tapia-Serrano MÁ, et al. Skipping breakfast and excess weight among young people: the moderator role of moderate-to-vigorous physical activity. Eur J Pediatr. 2022 Aug;181(8):3195-3204. doi: 10.1007/s00431-022-04503-x. Epub 2022 Jun 1. Erratum in: Eur J Pediatr. 2022 Jul 11;: PMID: 35648230; PMCID: PMC9352742.

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