Le "chirurgien pédophile" de Jonzac aurait fait plus de 250 victimes

La Rochelle, le mardi 19 novembre 2019 - Selon les enquêteurs, le chirurgien pédophile de Jonzac (Charente-Maritime) aurait violé ou agressé sexuellement plus de 250 enfants entre 1989 et 2017, ce qui constitue une affaire de pédophilie d’une ampleur inégalée.
Du 13 au 17 mars prochain, Joel Le Scouarnec, chirurgien digestif à la retraite de 68 ans, sera jugé par la cour d’assises de Sainte pour avoir violé et agressé sexuellement quatre jeunes filles mineures, dont deux de ses nièces. Des faits qu’il a partiellement avoués. Mais selon les enquêteurs, le nombre de victimes du médecin pourrait être bien plus important. Le procureur de la République de La Rochelle a en effet annoncé au cours d’une conférence de presse ce lundi que le chirurgien aurait fait plus de 250 victimes entre 1989 et 2017. Si ces informations se révélaient exacts, l’affaire du chirurgien de Jonzac serait la plus grande affaire de pédophilie de l’histoire judiciaire française.

Des carnets compromettants

Tout a commencé en avril 2017, lorsque le médecin est arrêté pour la première fois après avoir agressé sexuellement sa voisine de 9 ans, l’un des délits pour lequel il sera jugé en mars prochain. Lors d’une perquisition à son domicile, les gendarmes découvrent des poupées et perruques, avec lesquels le prévenu se livrait à des jeux sexuels, mais surtout deux carnets dans lesquels le médecin a listé méthodiquement toutes ses victimes, décrivant avec parfois moult détails les agressions sexuels et viols qu’il avait commis. Le chirurgien s’attaquait généralement à ses jeunes patients lorsqu’ils étaient inconscients.

Selon le procureur, l’enquête minutieuse de la gendarmerie a permis d’identifier à partir de ces carnets 250 victimes pour des faits non prescrits commis entre 1989 et 2017. 209 d’entre elles ont été auditionnées, 184 ont souhaité porter plainte et 181 étaient mineures au moment des faits. La plupart des crimes ayant eu lieu en Bretagne, le parquet de La Rochelle s’est dessaisi de l’affaire au profit du parquet de Lorient. Ce dernier devrait logiquement demander l’ouverture d’une information judiciaire et une nouvelle mise en examen du suspect.

L’attitude de l’Ordre en question

Si le médecin ne nie pas avoir une attirance sexuelle pour les jeunes enfants, il réfute avoir fait autant de victimes. Son avocat, Maitre Thibault Kurzawa, explique que les viols décrits dans ces carnets ne sont que des fantasmes sans aucune réalité. En 2017, l’expertise psychologique du prévenu avait conclu qu’il était un « être pervers habité par un sentiment d’impunité et de toute-puissance ».

Le déclenchement de l’affaire en 2017 avait également relancé le débat quant à la mise à l’écart des médecins pédophiles. En effet, le chirurgien de Jonzac avait déjà été condamné en 2005 pour possession d’images pédopornographiques. Mais le Conseil de l’Ordre n’avait pas jugé judicieux de le radier ou même de s’assurer qu’il ne fréquente plus de jeunes patients.

Pour ces crimes, le docteur Le Souarnec encoure une peine de vingt ans de réclusion criminelle.

QH

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