Zéro brancard dans les couloirs : c’est possible ?

Le Kremlin-Bicêtre, le mardi 19 novembre 2019 – L’objectif « Zéro brancard » dans les couloirs des services d’urgence constitue l’une des mesures phares du pacte de refondation des urgences annoncé en septembre 2019 par Agnès Buzyn.

Cette semaine, l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris se lance dans ce défi alors que selon les chiffres de l’institution hospitalière, en 2018, en son sein, 74 patients en moyenne sont restés chaque jour sur un brancard dans l'attente d'une prise en charge.

L’hôpital Bicêtre, qui fait figure de mauvais élève, sera le premier à tenter l’aventure en lien avec l’ARS (Agence régionale de santé) d’Ile de France. Ce site pilote va ainsi expérimenter un certain nombre de dispositifs pour augmenter la fluidité des passages aux urgences, accélérer les prises en charge pour l’imagerie, optimiser le fonctionnement de l’unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD) et œuvrer pour de meilleurs échanges avec les services d’aval et l’anticipation des sorties à domicile.

Aurélien Rousseau, directeur général de l'ARS Ile-de-France explique sur les ondes de France Bleu que si c’est le premier contrat francilien de ce type, ils ont vocation à se multiplier et bénéficieront d’un accompagnement financier à hauteur de 20 à 30 millions d’euros sur trois ans.

Aurélien Rousseau résume « le contrat prévoit à la fois des incitations financières, pour avoir quelqu'un par exemple qui va gérer les lits. Mais aussi, derrière, l'ouverture de 21 lits d'hospitalisation en unité gériatrique aiguë parce qu'on a constaté que ce sont souvent des patients âgés qui restent sur les brancards dans les urgences ». L’objectif est de « de diviser par deux le nombre de patients accueillis sur des lits-brancards » en six mois et au bout d’un an de supprimer ces lits.

Dans le contexte actuel de grève et de mobilisation des personnels des urgences, cette convention est perçue de manière plutôt positive par le collectif Inter-hôpital. « Tout ce qui améliore la prise en charge est positif », explique ainsi Anne Gervais, membre fondatrice du collectif, « mais il vaudrait mieux s'attaquer aux causes plutôt qu'aux symptômes » tempère-t-elle.

Xavier Bataille

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