40 000 contaminations par jour au Royaume-Uni, so what ?

Londres, le vendredi 15 octobre 2021 – L’épidémie « flambe » au Royaume-Uni, où toutes les restrictions sanitaires ont été levées depuis presque deux mois. Pas de quoi inquiéter les autorités, qui n’envisagent pas le rétablissement de mesures sanitaires.

Au Royaume-Uni, la vie d’avant est revenu. Depuis le 19 juillet, baptisé « Freedom Day » (jour de la liberté) par les Britanniques, plus aucune restriction sanitaire ne s’applique pour les sujets de Sa Majesté. Le port du masque et le respect des gestes barrières n’est plus imposé mais simplement recommandé. Des recommandations visiblement peu suivies, puisque seulement 20 % des Londoniens continuent de porter un masque dans les transports en commun. Au congrès annuel du parti conservateur à Manchester début octobre, presque personne ne portait le masque.

« L’Angleterre est le pays le plus libre d’Europe » se félicitait mardi dernier David Frost, ministre des relations avec l’Union Européenne.

40 000 contaminations quotidiennes mais des hospitalisations en baisse

Mais certains s’alarment des conséquences épidémiologiques de ce retour à la liberté. Le Royaume-Uni compte actuellement 40 000 nouvelles contaminations quotidiennes en moyenne, soit 10 fois plus que la France pour une population de taille similaire. Précisons toutefois que nos voisins britanniques testent deux fois plus que nous. Le taux de positivité y est tout de même 4 fois supérieur qu’en France (4 % contre 1 %). Autre précision importante : si le nombre de nouveaux cas est en hausse outre-manche ces dernières semaines, il reste encore inférieur à ce qu’il était avant la levée des restrictions sanitaires.

Pour les autorités britanniques, ces chiffres ne sont pas alarmants. Plutôt que sur les contaminations, il faut selon eux se concentrer sur le nombre de patients hospitalisés, lui en légère baisse depuis un mois. Le risque de saturation des hôpitaux semble s’éloigner, même si le NHS doit maintenant s’occuper des près de 5 millions de patients dont les soins ont été reportés à la suite de la crise sanitaire. Quant au nombre de décès, il est stable, autour des 120 morts par jour (environ trois fois plus qu’en France), bien loin des journées meurtrières de janvier, où 1 200 Britanniques étaient emportés chaque jour par la Covid-19.

La vaccination des adolescents fait débat

Les « alarmistes » d’outre-manche s’inquiètent également de la situation sur le front vaccinal. Longtemps champion d’Europe dans ce domaine, le Royaume-Uni, où 72 % de la population est vaccinée, a été dépassé par la plupart des pays d’Europe occidentale. La campagne subit un net ralentissement : seulement 60 000 doses sont injectées chaque jour, contre près de 600 000 au cœur de la campagne. Il faut dire que contrairement à la plupart des pays d’Europe, le gouvernement s’est refusé (après quelques hésitations), à mettre en place un passe sanitaire pour inciter à la vaccination. Autre particularité du Royaume-Uni, la vaccination des adolescents n’y a commencé que le 20 septembre, en raison de l’avis défavorable du Conseil scientifique national.

Face à la recrudescence épidémique actuelle, l’Écosse a rétabli le port du masque dans les lieux publics et certaines écoles anglaises l’imposent également. Mais la tendance générale des citoyens britanniques et de leurs dirigeants semble de vouloir définitivement tourner la page de l’épidémie. Les médias ne consacrent presque plus aucune ligne à la Covid-19 ce qui traduit sans doute une conception de la mort et du risque très différente de part et d’autre du Channel.

Quand à Boris Johnson, alors que sa gestion de la crise sanitaire vient d’être épinglée par un rapport parlementaire, il vient de partir en vacances en Espagne.

Nicolas Barbet

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