Coronavirus : le bilan s’aggrave en Corée du Sud, un décès en Allemagne, vigilance en France

Berlin et Paris, le mercredi 17 juin 2015 – Depuis avril 2012, 1 154 personnes ont été infectées par le MERS coronavirus (responsable du syndrome respiratoire du Moyen Orient), dont 434 sont mortes (38 % de mortalité), rappelle la Direction générale de la Santé (DGS) française dans une alerte adressée aux médecins ce lundi. La majorité des cas est concentrée dans les pays du Moyen Orient et ceux identifiés en Europe et aux Etats-Unis étaient dans leur quasi totalité liés à un voyage récent dans les états les plus touchés. Dans les pays occidentaux, les transmissions interhumaines ont été limitées. La situation est différente en Corée du Sud (où des analyses biologiques permettront peut-être d’expliquer ce phénomène) : en moins d’un mois, 162 personnes ont été contaminées après du retour d'Arabie Saoudite le 20 mai du "patient zéro". Vingt personnes sont mortes : le dernier décès a été annoncé ce mercredi 17 juin, ainsi que huit nouvelles infections. Par ailleurs 6 500 personnes ont été placées en quarantaine, mais les critiques fusent sur l’application de cette mesure, qui ne serait pas assez systématique dans certains cas et trop drastique dans d’autres. Le gouvernement est ainsi très malmené et beaucoup dans la presse sud-coréenne lui reproche la minimisation constante de la situation. Pourtant, des opérations de désinfection spectaculaires ont lieu quotidiennement, mais qui ne parviennent ni à apaiser la panique qui s’est emparée de la population, ni à endiguer l’épidémie. Parallèlement à la situation sud coréenne, l’Allemagne a confirmé hier le décès d’un patient de 65 ans, ayant contracté une infections par le MERS coronavirus au cours d’un voyage dans la péninsule Arabique en février. C’est le second décès lié à ce virus déploré en Allemagne.

Gare aux dromadaires

La situation sud coréenne et les échanges soutenus avec le Moyen Orient ont incité les autorités sanitaires françaises à réactualiser leurs recommandations. La DGS rappelle ainsi que le ministère des affaires étrangères propose sur son site une série de conseils à l’intention des voyageurs en direction des pays touchés : la nécessité du lavage fréquent des mains, de l’évitement des foules et des personnes malades et de la désinfection des objets est rappelée. Par ailleurs, l’Institut national de veille sanitaire (InVS) a procédé à une réactualisation de la définition des cas possibles. Outre les personnes ayant voyagé dans les pays à risque initialement identifiés (et leurs proches), sont également considérées comme cas suspects, toutes les personnes ayant travaillé dans un établissement hospitalier d’un pays touché et présentant une infection respiratoire aiguë « dans les 14 jours suivant le dernier contact avec cet établissement » et les personnes ayant été en contact avec un dromadaire ou un produit issu de cet animal toujours dans les zones à risque. L’INVS, ajoute que de manière « transitoire », les zones à risque doivent également inclure la Corée du Sud.

Pèlerinage de la Mecque

Des recommandations réactualisées sont par ailleurs disponibles sur le site du Haut conseil de la santé publique (HCSP). A l’intention des médecins de ville, la DGS note que « qu’en présence d’un cas suspect en consultation, il est conseillé de respecter les consignes de protection (hygiène des mains, port de masque, isolement si cela est possible). Il est recommandé de ne pas adresser le patient directement dans un service d’urgence mais de prendre contact avec le SAMU-centre 15 pour l’évaluation et la prise en charge ». Enfin, alors que le pèlerinage de la Mecque doit avoir lieu entre le 20 et le 25 septembre, partout dans le monde les autorités sanitaires se préparent et renforcent leurs préconisations à destination des pèlerins. Au niveau international, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) indiquera aujourd’hui si le coronavirus doit être considéré comme une urgence sanitaire mondiale, ce qu’elle s’est toujours refusée à faire.

Aurélie Haroche

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