Des conseils pratiques pour améliorer la nutrition et réduire la sédentarité en période de confinement

Paris, le lundi 11 octobre 2021 - À l’heure où tous les indicateurs épidémiques sont en baisse en métropole*, les scientifiques appellent néanmoins à la prudence et l’éventualité d’un nouveau confinement n’est pas totalement écartée. Nul ne peut ignorer les conséquences qu’ont pu avoir les confinements répétés sur la santé mentale et physique des Français. Dans ce contexte, le CNIEL** (Centre National Interprofessionnel de l’Économie Laitière) a organisé une conférence de presse dans le cadre des récentes JNMG (Journées Nationales de Médecine Générale) afin de revenir sur leur impact en termes d’alimentation et de sédentarité mais également pour distiller quelques conseils pratiques aux professionnels de santé et à leurs patients.

Vers une nouvelle tendance de notre comportement alimentaire ?

Lors de cette conférence, le Dr Patrick Serog, médecin nutritionniste à Paris, a présenté les résultats de l’étude Coviprev réalisée par Santé Publique France et qui a permis de surveiller les évolutions du comportement alimentaire, du poids et de l’activité physique sportive. En bref, après 3 semaines de confinement, plus de 30 % des adultes interrogés ont estimé que leur équilibre alimentaire avait été impacté par le confinement, certains estimant sauter plus de repas (11 %), d’autres grignoter plus que d’habitude (22 %). Même si les Français ont plus cuisiné durant cette période (+37 % versus -4% avant le confinement), une hausse de la consommation de produits gras, salés, sucrés (PGS) a été constatée chez 18 % des femmes et 12 % des hommes. Cette tendance a été confirmée 6 semaines après le début du confinement du printemps 2020 avec un tiers des Français qui ont pris du poids et un bond de 5 points dans le grignotage entre les semaines 3 et 6. Si ces données sont comparées à celles d’études équivalentes menées aux États-Unis, en Italie ou encore en Belgique, les Français semblent dans la moyenne. « Sommes-nous à l’aube d’une nouvelle tendance de notre comportement alimentaire avec l’augmentation de la fréquence du télétravail qui mixera le fait de cuisiner plus souvent à la maison et de livraisons de plats ou de menus restaurants ou encore d’ingrédients pour faire la cuisine ? D’où l’intérêt de nouvelles études d’observation pour répondre à ses interrogations », souligne le Dr Serog.

Les effets protecteurs d’une alimentation saine

Toujours sur le thème de la nutrition en lien avec la Covid-19, le Dr Jean-Michel Lecerf, chef du service Nutrition & Activité Physique, et directeur médical du Centre Prévention Santé Longévité de l’Institut Pasteur de Lille, poursuit: « Un certain nombre de données sont en faveur d’un possible effet barrière de certains facteurs nutritionnels (vitamine D, oméga 3, régime méditerranéen) sur le risque d’infection et de sévérité de la COVID-19 ». A titre d’exemple, les personnes qui ont adhéré au régime méditerranéen (qui modifie le microbiote et stimule l’immunité) ont été moins touchées par la Covid-19. Par ailleurs, la vitamine D apportée par le soleil, les produits laitiers et les poissons, pourrait réduire le risque d’orage cytokinique et le risque de décès en lien avec la Covid-19 (même si les études ne sont pas unanimes). La supplémentation en acides gras oméga 3 dans ce même but est en revanche discutée. En pratique, il est important de « cibler les patients les plus fragiles physiquement et psychologiquement et les encourager à adopter de bonnes habitudes alimentaires ».   

De l’importance de ne jamais oublier de bouger

Le professeur Martine Duclos, chef du service de Médecine du Sport et des explorations fonctionnelles au CHU de Clermont-Ferrand, a quant à elle abordé le volet sédentarité en lien avec les confinements. Elle a rappelé les résultats de l’enquête nationale de l’Onaps (Observatoire national de l'activité physique et des comportements sédentaires). En bref, cette étude a montré une augmentation des comportements sédentaires chez toutes les tranches d’âge (enfants, adolescents, adultes et séniors) avec une réduction du niveau d’activité physique et une augmentation du temps assis et passé devant un écran. L’insuffisance d’activité physique est la 4ème cause de mortalité dans le monde et la principale cause de maladies chroniques (60 %). Au contraire, si elle pratiquée en quantité et qualité suffisante, elle peut prévenir et améliorer le traitement de la plupart des maladies chroniques non transmissibles. Si un nouveau confinement devait être décrété, le Pr Duclos recommande : « d’adopter un mode de vie quotidien actif dès les premiers jours et d’adopter des activités de type marche ou course pendant l’heure d’activité physique extérieure autorisée par jour. Dans la mesure du possible, il faudrait favoriser les activités à l’extérieur avec les membres du foyer familial ». Les activités quotidiennes habituelles (temps de transport, activités professionnelles, sport) devront être compensées par des activités comme les jeux actifs avec les enfants, la marche, le ménage, du renforcement musculaire avec du mobilier de la maison (chaises, escaliers, etc.). Pour les personnes qui télé-travaillent, le Pr Duclos conseille de s’échauffer le matin avant de s’installer à son bureau, de faire des pauses de quelques minutes toutes les heures et, pour ceux qui en auraient la possibilité, de travailler debout ou avec un pédalier sur certaines des périodes de la journée. L’élément le plus important consistant à « éviter l’inconfort global ».


Enfin, si le sujet des comportements alimentaires (chez l’enfant) vous intéresse, n’hésitez pas à poser toutes vos questions au Professeur Patrick Tounian, qui y répondra courant novembre***.

* (Re)lire l’article du JIM.fr [01/10/2021] https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/une_epidemie_qui_reste_a_surveiller_189403/document_actu_pro.phtml

** (Re)découvrez notre dossier spéciale «Milk Check Up» : https://www.jim.fr/medecin/dossiers/lait/index.phtml

*** Renvoi vers l’article : https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/comportements_alimentaires_des_enfants_et_stress_exogenes_posez_vos_questions_au_pr_tounian__189400/document_actu_pro.phtml


Dr Dounia Hamdi

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