Des tests de dépistage du VIH gratuits et sans ordonnance dès 2022

Paris, le mardi 12 octobre 2021 - La lutte contre le Sida a sans doute été l’une des victimes collatérales du Covid-19. A l’échelle mondiale, les institutions internationales se sont alarmées de la forte diminution du nombre de tests réalisés et de traitements délivrés contre le VIH.

En France, le nombre de dépistage a ainsi chuté de 15 % en 2020 du fait de l’épidémie. Une baisse liée au confinement de mars 2020 mais qui ne fut pas entièrement rattrapée par la suite. L’épidémie a également marqué un fort recul du nombre de PrEP délivrées aux populations à risque.

Des tests gratuits et sans ordonnance partout en France dès 2022

Pour répondre à cette situation, le gouvernement souhaite rendre gratuit le dépistage de l’infection par le VIH et ce même sans ordonnance.

Le ministre de la Santé Olivier Véran avait annoncé cette mesure phare lors du 22ème congrès de la Société française de lutte contre le sida (SFLS), début octobre.

La disposition sera proposée dans le cadre de l’examen du Projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) qui débute cette semaine par la commission des lois. Le gouvernement souhaite une entrée en vigueur du dispositif dès le mois de janvier 2022. Jusqu’à présent, un test réalisé sans ordonnance en laboratoire pouvait être facturé entre 17 et 25 euros.

Un dispositif qui a fait ses preuves à Paris et en PACA

Certes, l’épidémie de Covid-19 a sans doute banalisé la pratique des tests à grande échelle et sans ordonnance. Mais le dispositif intitulé « Au labo sans ordo » n’est pas nouveau et fait d’ores et déjà l’objet d’une expérimentation depuis plus de deux ans à Paris ainsi que dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Interrogé par France Info, Pascal Pugliese, président de la SFLS et du comité régional de coordination de lutte contre le VIH de la zone PACA-Est, a pu souligner l’efficacité du dispositif.

« Sur la période d'expérimentation et malgré la période de confinement et du Covid-19, "Au labo sans ordo" représente 7% de l'ensemble du volume du nombre de sérologies réalisées. Quand on compare par rapport à 2018, cela augmente globalement le volume du dépistage » indique-t-il notamment.

Mais surtout, ce mode de dépistage permettrait d’attirer plus facilement vers les centres de diagnostic les personnes ayant eu des pratiques à risque : « On se rend compte aussi qu'on a un taux de séropositivité avec cette offre de dépistage sans ordonnance qui est plus élevé que par les tests prescrits. On a l'impression qu'on attire des personnes particulièrement exposées » signale-t-il.

Fin de l’épidémie : objectif 2030 ?

La mesure envisagée par le gouvernement et l’Assemblée nationale bénéficie même du soutien de la Cour des Comptes. En 2019, les sages de la rue Montpensier préconisaient déjà d’autoriser le remboursement par l’assurance maladie des sérologies réalisées en ville et sans prescription médicale.

Pour Pascal Pugliese, la mesure est considérée comme une étape nécessaire pour atteindre l’objectif de mettre fin à l’épidémie de VIH pour 2030, plus de cinquante ans après l’apparition des premiers cas dans le monde.

C.H.

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