Un gynécologue accusé d’une centaine d’agressions sexuelles

Pontoise, le vendredi 15 octobre 2021 – Un gynécologue du Val d’Oise à la retraite est accusé d’avoir commis des viols et des agressions sexuelles sur plusieurs dizaines de ses patientes.
L’affaire judiciaire, hors normes, a été révélé ce mardi par le site d’information Les Jours. Elle remonte pourtant à 2013, date d’ouverture de l’information judiciaire. Un gynécologue du Val d’Oise est accusé d’avoir commis des viols et des agressions sexuelles sur plus d’une centaine de ses patientes au cours de sa carrière.

Désormais âgé de 70 ans et à la retraite, le docteur T. est mis en examen depuis 2014 pour 75 viols et 14 agressions sexuelles « par personne abusant de l’autorité que lui confèrent ses fonctions ». Au total, 118 plaintes ont été portées contre lui et plus de 7 000 de ses anciennes patientes ont été entendus par les gendarmes chargés de l’enquête. Placé sous contrôle judiciaire, le docteur T. a l’interdiction d’exercer la médecine. Il encourt vingt ans de réclusion criminelle.

Le praticien revendique la méthode « asiatique »

Selon les plaignantes, les agressions sexuelles et viols étaient commis au cours de consultations, au cabinet du praticien, dans la ville de Domont. « Il a exercé sur elle des caresses au niveau de leurs zones intimes, des touchers vaginaux sans gants avec des mouvements de va et vient qui ne sont nullement justifiés, des baisers » dénonce l’avocate de trois des plaignantes. « J’avais l’impression d’être une proie face à un prédateur » explique une autre accusatrice.

De son côté, le mis en cause dément ses accusations. S’il reconnait avoir pu caresser ses patientes, il affirme qu’il ne l’a fait que pour les rassurer et les détendre, revendiquant une pratique plus douce de la gynécologie que ses confrères. Une méthode « asiatique » selon ses propres termes, en référence à ses origines vietnamiennes. Selon son avocat, ses accusatrices se sont concertées et certaines ont été manipulées par les enquêteurs. Il en veut pour preuve cette patiente de 45 ans qui reconnait que « ce sont les gendarmes qui ont posé les mots » alors qu’elle ne considérait pas avoir été victime d’un viol. Autre élément prouvant l’innocence du docteur T. selon sa défense, certaines des plaignantes avouent l’avoir consulté pendant plusieurs années.

Les violences gynécologiques en question

Ce n’est pas la première fois que ce gynécologue se retrouve face à la justice. Depuis 2005, plusieurs plaintes pour agressions sexuelles ont été déposés contre lui. Toutes ont fini par être classées sans suite. Des procédures disciplinaires devant le conseil de l’ordre du Val d’Oise ont également été engagées contre lui pour des faits similaires, la premières remontant à 2000, mais aucune n’a abouti.

L’affaire judiciaire qui vient d’être révélé par Les Jours fait écho aux accusations récemment portés contre le professeur D., chef du service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Tenon à Paris. Accusée de « viols » par deux de ses patientes, accusations qu’il réfute, il a été suspendu de ses fonctions hospitalières et universitaires le temps de l’enquête. Plus globalement, c’est la question très épineuse des violences gynécologiques et obstétricales, dénoncées par certaines féministes depuis une dizaine d’années en France, qui ressurgit à l’occasion de ces affaires.

Quentin Haroche

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