DMP : l’assurance maladie minimise-t-elle le travail des médecins pour ne pas le rémunérer ?

Paris, le jeudi 11 juillet 2019 – Le sang de la FMF (Fédération des médecins de France) n’a fait qu’un tour.

Dans le dernier numéro de sa revue « trois minutes, l’essentiel d’ameli.fr pour le médecin », le syndicat du Dr Jean-Paul Hamon a déniché une « pépite ».

« Le volet de synthèse médicale (VSM), résumé du parcours de soins des patients, constitue un outil essentiel à la coordination des professionnels de santé. Il peut être généré en un clic à partir des informations entrées dans le logiciel métier du praticien » écrit en substance la CNAM (Caisse nationale d’assurance maladie).

Or, tous les syndicats, et les praticiens qui ont expérimenté le VSM du DMP, s’accordent à dire que son alimentation est particulièrement chronophage.

2 mois et demi de travail annuel payés 0 € !

La FMF s’est d’ailleurs amusée à un calcul simple.  Pour abonder le VSM de leurs 1 450 patients (en moyenne), les médecins traitants devront travailler deux mois et demi à raison de 52 heures par semaine !

En effet, comme le soulignait il y a quelques mois, le Dr Luc Duquesnel des Généralistes-CSMF, le VSM prend environ 30 minutes par dossier.

Pour l'assurance-maladie, cette activité qu’elle qualifie elle-même « de pièce maîtresse du DMP » est rétribuée via le forfait patientéle médecin traitant (FPMT).  Mais, cela apparait insuffisant compte tenu du temps passé par dossier : « Le FPMT recouvre d’autres missions que l’établissement du volet de synthèse, et sa valeur est insuffisante, cela correspond à quatre minutes de temps "médecin" par an ! » (et par médecin) brocarde ainsi la FMF.

Entre 46 et 70 €

Pour elle,  le VSM correspond au moins au tarif d'une consultation complexe (46 euros), voire très complexe (60 euros) pour la première alimentation du DMP. Une estimation proche de celle du Dr Duquesnel qui souhaitait que soit fixé à 50 euros le remplissage de la VSM…ce que le patron de la CNAM avait balayé d’un revers de main.

Le Dr Marcel Garrigou-Grandchamp élu de l'URPS (Union régionale des professionnels de Santé) d’Auvergne-Rhône-Alples a évalué « que la rémunération nécessaire, d’une première alimentation était de 70 euros soit le coût d'une visite longue actuelle. »

« Ce ne serait que justice, et le seul vrai moyen de faire enfin décoller l’Arlésienne du DMP » raille enfin la FMF.

X.B.

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Vos réactions (2)

  • DMP et valorisation par l'Assurance Maladie

    Le 12 juillet 2019

    La meilleure initiative, à mon sens, pour réduire les dépenses maladie serait de mieux honorer les consultations. Cela laisserait le temps aux médecins d'écouter le Patient, de l'examiner et de décider, de façon éclairée, d'un traitement ou d'examens complémentaires au diagnostic. Tout le monde en tirerait profit. Les Patients rassurés car mieux pris en compte. La Sécurité Sociale car les examens complémentaires seraient moins nombreux et les traitements plus pertinents et rapides. La nomenclature de l'Assurance Maladie régule déjà, du moins théoriquement, le nombre d'actes possibles par jour. Il suffirait de l'appliquer. L'information est donnée par les relevés des Caisses.

    Dr Lucien Duclaud

  • encore le DMP

    Le 17 juillet 2019

    Mais comment peut on encore penser que les médecins vont remplir gratuitement le DMP ?
    Si cette chose est si importante, PAYEZ et faites le savoir !
    Après 500 M€ gaspillés pour le DMP, on verrait ENFIN arriver un investissement digne de ce nom, respectable et RENTABLE !
    Pour ma curiosité personnelle : pourquoi le directeur de la CNAM ne veut-il pas payer ?

    Dr F.Chassaing

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