Etats-Unis : progression du nombre de cas sans augmentation de la mortalité

Houston, vendredi 3 juillet – L’épidémie de coronavirus semble progresser inexorablement aux Etats-Unis avec désormais plus de 50 000 nouveaux cas dépistés par jour.

Comme si de rien n’était, Donald Trump se rendra ce samedi au célèbre Mont Rushmore pour célébrer avec plus de 7 000 personnes la fête de l’indépendance américaine. Comme dans une bulle, le président américain, qui ne participe plus depuis plusieurs jours aux réunions de sa « task force coronavirus » est bien le seul à ne pas se préoccuper de la progression de l’épidémie de Covid-19 dans le pays. Ce jeudi, les Etats-Unis ont ainsi comptabilisé plus de 50 000 nouveaux cas confirmés en 24 heures, un nouveau record.

Retour du confinement au Texas et en Californie

Ce regain épidémique concerne essentiellement des états du sud et de l’ouest qui n’avaient été que peu touchés par la vague de mars-avril. La Floride a ainsi comptabilisé 10 000 nouvelles infections et le Texas 8 000. Les États du Nord-est déjà fortement endeuillés ne connaissent eux (pour l’instant) aucun rebond. New York a par conséquent mis en place une quarantaine à l’entrée de l’Etat pour les Américains venus du sud du pays.

L’accélération récente de l’épidémie a forcé de nombreux États à ralentir leur déconfinement entamé début mai voir à remettre en place des mesures de restriction. La Californie a décidé de refermer bars et restaurants, tout comme le Texas, où le gouverneur républicain Greg Abott a rendu obligatoire le port du masque en public.

Pas de hausse des décès pour le moment

Les conservateurs ont pourtant longtemps vu le port du masque comme une atteinte excessive à la liberté individuelle, avant de changer de bord face au récent rebond épidémique. La chaine conservatrice Fox News recommande désormais au président Trump de porter un masque pour « donner l’exemple ». « Je n’ai aucun problème à en porter un » a répondu le milliardaire, qui n’a encore jamais été vu avec un masque en public.

Cependant il faut souligner que l’augmentation du nombre de nouvelles contaminations détectées peut avoir deux causes non exclusives l’une de l’autre : une intensification de la circulation du virus et une amplification du dépistage. A cet égard les Etats-Unis réalisent plus de 600 000 tests PCR par jour dont seulement 7 % sont positifs (contre 22 % début avril).

Elément relativement rassurant, pour l’instant, aucune augmentation sensible de la mortalité due au Sars-CoV 2  n’est à déplorer aux Etats-Unis : entre 650 et 700 Américains décèdent du Covid-19 chaque jour, bien loin de 2 500 victimes quotidiennes de la mi-avril. Mais, à l’inverse, il faut également se souvenir qu’entre la contamination par le virus et le décès éventuel il s’écoule souvent plusieurs semaines…

Fin partielle de la quarantaine en Angleterre

En Amérique latine, l’épidémie et l’hécatombe ne faiblissent pas d’intensité. Le Brésil déplore ainsi environ 1 200 morts par jour depuis désormais 6 semaines pour un bilan total de 62 000 décès. Une situation qui n’empêche pas la ville de Rio de Janeiro d’accélérer son déconfinement : les bars et restaurants cariocas ont rouvert ce jeudi, au grand dam des autorités sanitaires. « Ce plan de réouverture est un désastre » s’insurge Margareth Dalcomo, professeur d’épidémiologie à Rio.

Au Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d’Europe (44 000 morts) on tente de se rouvrir petit à petit au monde. A compter du 10 juillet, les mesures de quarantaine de 14 jours imposées aux voyageurs ne s’imposeront plus aux personnes venant d’Allemagne, de France, d’Italie ou d’Espagne. Mais, fait étrange (pour un Français), cette mesure ne s’applique qu’à l’Angleterre et les restrictions restent les mêmes pour le Pays de Galles, l’Écosse et l’Irlande du Nord. Une manière pour Boris Johnson de « punir » ces trois nations qui l’ont peu soutenu durant la crise ?

QH

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Vos réactions (2)

  • L'Economie avant les vies

    Le 04 juillet 2020

    La structure même du "libéralisme" anglo-saxon où le "matelas social" n'existe pas comme dans la "vieille" Europe (expérimentée) oblige Royaume-Uni et USA à déconfiner, ou plutôt ne pas confiner, sinon cette machine économique s'effondre. Le prix à payer se compte en milliers d'infectés et bientôt en centaines de morts. Mais cela n'a jamais gêné les mercantilistes anglo-saxons que les gens meurent, du moment que l'engrenage économique continue à leur produire des intérêts. Ce n'est plus "marche ou crève", c'est "marche et crève".

    Dr Pierre Baque

  • "Marche et creve"

    Le 24 juillet 2020

    Super pour votre commentaire anti américain et globalement anti libéral bien dans la veine de nos médias hexagonaux.

    Dr Jean-Pierre Massol

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