Exclusif : les professionnels de santé jugent que les mesures de confinement étaient inévitables

Paris, le lundi 6 avril 2020 – Différents médias et plusieurs responsables hospitaliers et politiques ont mis en garde ce week-end contre un possible relâchement de la vigilance des Français vis-à-vis du confinement et des mesures de distanciation sociale. Les nouvelles encourageantes de la stabilisation voire de la diminution du nombre de nouvelles admissions dans les services de réanimation couplées au beau temps (et à une inévitable lassitude) auraient en effet favorisé des sorties plus nombreuses dans les rues des grandes villes. Il ne s’agit cependant probablement pas d’une remise en cause de la nécessité du confinement, largement reconnue par une majorité des Français et des professionnels de santé. Ainsi, un sondage réalisé par YouGov au moment où se mettait en place le confinement révélait que 93 % des personnes interrogées le jugeaient « nécessaire ».

Inévitable compte tenu du manque de munitions

La perception est semblable chez les professionnels de santé, comme le mettent en évidence les résultats d’un sondage réalisé sur notre site auquel 1 219 lecteurs ont participé. On relèvera néanmoins que si les professionnels de santé jugent majoritairement que le confinement était inévitable, c’est d’abord face à l’insuffisance des capacités de dépistage et de masques (39 %). Cette proportion importante de nos lecteurs considérant qu’il s’agit du premier critère d’appréciation quant à la nécessité des mesures de confinement confirme le niveau de colère des praticiens concernant l’impréparation de la France. On peut en effet supposer que beaucoup regrettent que n’aient pas été disponibles des moyens plus importants pour éviter des mesures trop draconiennes.

Sondage réalisé sur JIM du 21 mars au 4 avril 2020

Un quart des professionnels de santé auraient souhaité un durcissement

Au-delà de cet enseignement, on relève que la proportion de professionnels de santé estimant en premier lieu que les mesures sont disproportionnées (3 %) ou qu’elles auraient dû être limitées aux sujets à risque (10 %) est très faible. Au contraire, nos lecteurs sont bien plus nombreux à juger le choix du confinement « adapté » (22 %), tandis que redoutant les effets d’un relâchement ou de la possibilité toujours offerte aux Français de se "promener" ou de s’adonner à quelques activités physiques, jusqu’à un quart des praticiens souhaitent un durcissement des mesures (24 %).

Aurait pu mieux faire

Ainsi, on le voit, il n’existe pas de large contestation de la pertinence des mesures de confinement déployées par les pouvoirs publics, compte tenu de la situation française (capacités de réanimation restreintes, pénurie de masques et de dispositifs de dépistage). Néanmoins, on le devine, les professionnels de santé, s’ils estiment ces consignes incontestables, pourraient suggérer qu’elles auraient pu être en partie évitées si la préparation des armes avait été mieux adaptée.
 

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Un peu léger

    Le 06 avril 2020

    Franchement, il y aura un moment pour rendre des comptes, et polémiquer sérieusement faire le pour et le contre.

    Le fait est qu'en l'état actuel, le confinement est/était la seule solution (moyenâgeuse peut-être). Et que nous l'encourageons et l'acceptons, que faire d'autre (pas de matériel de protection, pas de rt-pcr en nombre, pas de sérologie).

    Je pense qu'on finira par comprendre que le SRAS COV 2, occupe nos sols depuis pas mal de temps. Que les choses n'ont pas été considérées. Que les symptômes étaient très sous-estimés.

    Je suis généraliste, je n'ai pas passé mes nuits à éplucher les études chinoises en février. Quelque part, je vous fais confiance pour m'informer.

    On a pu lire ici des avis tranchés, souvent très rassurants pour la plupart. Assez condescendant envers une épidémie "chinoise" qui pourrait résister à notre "excellence" européenne, si ce n'est française (Pasteur et Cie), alors que nous savons tous que la situation est précaire en de nombreux endroits de notre territoire.

    Il devra y avoir une véritable introspection du corps médical. Et notamment des rédacteurs de ce site.

    Je ne comprends pas l'intérêt de cet article, ni de son exclusivité.
    C'est d'un lieu commun finalement.

    Gregory Cuffel



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