Omicron à la conquête du monde

Paris, le vendredi 3 décembre 2021 – Le variant Omicron, détecté il y a deux semaines en Afrique du Sud, est désormais présent sur tous les continents et pourrait devenir majoritaire en Europe dans les prochains mois.

En Afrique du Sud, aux Etats-Unis, en Australie, en Europe et maintenant en France : le variant Omicron, nouveau mutant du Sars-Cov-2, est détecté partout dans le monde. En France, neuf cas, dont huit en métropole et un à la Réunion ont été confirmés, mais il est probable que des centaines d’autres personnes soient contaminées. Au moins quatre de ces cas concernent des sujets ayant récemment voyagé en Afrique du Sud, pays où le variant Omicron a été pour la première fois décelé, et au moins trois étaient complètement vaccinés. « Ces cas et leurs contacts sont suivis de près par les autorités de santé locales » a indiqué Santé Publique France, qui précise qu’aucune des personnes contaminées ne souffrent de forme grave.

En Afrique du Sud, pays qui a lancé l’alerte, ce nouveau mutant pourrait déjà être majoritaire. Le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes a été multiplié par 14 en deux semaines. Le gouvernement a parlé d’une progression « exponentielle » de l’épidémie. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) estime que « les données préliminaires suggèrent un avantage substantiel du nouveau variant Omicron sur le variant Delta ».

Plus contagieux que Delta, Omicron pourrait donc le remplacer et devenir majoritaire en Europe « d’ici les tous prochains mois » selon l’ECDC.
Des chercheurs scientifiques du monde entier sont actuellement à la recherche du « patient zéro » pour déterminer quand et où est apparu le variant Omicron. Pour le moment, le patient le plus ancien a été testé positif le 14 novembre dernier au Botswana, mais les experts estiment que le variant est sans doute apparu fin octobre. Plusieurs cas ont été détectés au Pays-Bas et en Ecosse sans lien apparent avec l’Afrique australe, ce qui pourrait signifier que le variant Omicron a d’abord circulé à bas bruit en Europe sans être détecté. Des cas ont également été découverts aux Etats-Unis et en Australie, là aussi sans que les personnes contaminées aient récemment voyagé en Afrique.

Un cadeau de Saint Nicolas ?

Si la plupart des discours sur Omicron sont assez alarmistes et ont déjà donné lieu à des mesures drastiques de fermeture des frontières, d’autres se veulent plus rassurantes. Certains scientifiques défendent en effet l’hypothèse selon laquelle le variant Omicron pourrait être à la fois plus contagieux et moins virulent, transformant ainsi la Covid-19 en une maladie bénigne. Professeur d’immunologie à l’université de Jérusalem, Zvika Granot a ainsi déclaré que « ce nouveau variant était peut-être la lumière au bout du tunnel ». Dans le même sens, le virologue belge Yves Van Laethem estime que « ce variant pourrait être une bonne nouvelle, un très beau cadeau de Saint-Nicolas ».

Ces scientifiques optimistes s’appuient notamment sur le premier retour du terrain des médecins sud-africains, qui semblent montrer que le variant Omicron est assez peu pathogène. C’est ce qu’affirme notamment le Dr Angélique Coetzee, présidente de l’Association médicale d’Afrique du Sud.

La prudence reste cependant de mise : ces observations rassurantes ont été faites pour le moment sur très peu de patients souvent jeunes et il n’y a aucune règle selon laquelle un variant plus contagieux d’un virus est nécessairement moins létal. Le variant Delta, 50 % plus contagieux que le variant Alpha, est tout aussi dangereux que son prédécesseur. Comme souvent avec la Covid-19, l’incertitude est totale et les réponses se font attendre.

Quentin Haroche

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Vos réactions (2)

  • Premiers acquis sud-africains

    Le 03 décembre 2021

    Des premier acquis sud-africains sont déja disponibles * , en version non-revue mais bien argumentée. Ces données sont issues d'une population dont les caractéristiques sont très différentes de la notre : Démographie - HIV - Couverture vaccinale faible - Fort taux de primo-infection pré vaccinale - Périodes de variants béta alpha delta puis omicron - Forte capacité notoire à l'épidémiologie moléculaire, à la modélisation et à communiquer.

    Ces différences ne devraient pas interférer avec les constats de nos collègues :

    1- Transmissibilté majorée : cf taux d'incidence , dominance à venir prévisible. Les chiffres suivront après les +50% et +50%
    2- "Rassurant" : Pas de signaux pour une plus grande pathogénicité, dans une population jeune mais parfois immunodéprimée. Même des signaux pour une virulence moindre, pas de surcout de mortalité, disparition par contre gênante du symptôme clef (anosmie). Pas de signal pour une virulence pédiatrique majorée dans cette population jeune.
    3- "Inquiétant" : La primo-infection NE protége PLUS de la ré-infection, contrairement à ce qui avait été observé avec les souches Wuhan puis les variants Alpha , Béta , Delta.
    4-"Inqiétant" : la primauté des délétions
    5- En attente : Échappement vaccinal ? La plasticité adaptative des plateformes ARNm a été vantée, financièrement anticipée : Sera t'elle mise en pratique en climat Omicron à venir en fonction des acquis ? Ce n'a pas été le cas en climat Delta

    SARS-CoV-3 ?

    * J R.C. Pulliam et coll . Increased risk of SARS-CoV-2 reinfection associated with emergence of the Omicron variant in South Africa . medRxiv 2021.02.12.21266068 doi.org/10.1101/2021.11.11.21266068
    https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2021.11.11.21266068v2.full.pdf
    * W Preiser et coll . Omicron : comment ce nouveau variant du SARS-CoV-2 a-t-il été identifié, et que sait-on de lui ? The conversation 29Nov 2021
    https://theconversation.com/omicron-comment-ce-nouveau-variant-du-sars-cov-2-a-t-il-ete-identifie-et-que-sait-on-de-lui-172745

    Dr JP Bonnet

  • Evitons l'optimisme n'est ce pas ?

    Le 04 décembre 2021

    Etrange conclusion! " Le variant Delta, 50 % plus contagieux que le variant Alpha, est tout aussi dangereux que son prédécesseur. " il me semble que le nombre des décès est en contradiction avec cette affirmation: il y a beaucoup moins de décès par rapport au nombre de cas qu'avec le variant alpha! Il n'y a qu'à comparer avec la 1ère vague! La courbe des décès depuis le début de l'épidémie le montre. Les virologues et épidémiologistes le disent également: au long d'une épidémie les mutations vont vers un affaiblissement du virus. Le fait d'être plus contagieux ne rend pas le virus delta plus dangereux...
    Pourquoi toujours entretenir la peur sur ce sujet?
    Les spécialistes qui ont déjà observé le variant omicron et pensent qu'il est moins dangereux ainsi que les spécialistes internationaux qui le pensent aussi sont plutôt mieux placés pour émettre un avis que des non spécialistes.
    Un peu d'optimisme ne nuit pas!

    Anne Levry (pharmacien)

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