Plus d’un tiers des médecins généralistes souhaiterait la disparition de la ROSP

Paris, le jeudi 23 mai 2019 – Le syndicat Les généralistes-CSMF dévoile les résultats de son enquête « l’observatoire de la ROSP » à  laquelle 500 médecins ont participé.

ROSP 2019 : écrasante majorité d’insatisfait

La rémunération moyenne au titre de la ROSP médecin traitant de l’adulte s’élève, cette année, à 4 705 euros pour 55 102 médecins généralistes et médecins à expertise particulière (MEP) libéraux (contre 4 522 euros pour 52 939 médecins l’an passé soit une augmentation de 4 %).

En considérant seulement les médecins généralistes ce sont 50 785 d’entre eux qui ont perçu 4 915 euros (+ 6,4 %).

La Caisse nationale d’assurance maladie s’était félicitée de ces montants en hausse…mais le son de cloche semble bien différent chez les médecins.

Certes, comme le souligne le syndicat, les mécontents ont davantage tendance à s’exprimer mais les chiffres demeurent éloquents. Ainsi, 79,59 % des répondants se disent insatisfaits de la ROSP de cette année !

ROSP : un rejet de principe ?

En dehors de cette observation conjoncturelle, cette étude dénote un rejet du principe même de la ROSP.

Le syndicat souligne d’ailleurs : « l’idée même de penser qu’un médecin va mieux travailler parce qu’on le paie à la performance reste éthiquement difficile à accepter ». Un constat partagé par les médecins puisque seul 9,64 %  jugent que c’est un « bon outil » et 36,75 % souhaitent carrément sa disparition.  

La ROSP améliore-t-elle la pratique ?  Les médecins ne sont pas d’accord !

Présentée par la CNAM comme un moyen d’améliorer la pratique des médecins, la ROSP semble également avoir échoué sur cet objectif affiché.

Ainsi seuls 24,7 % des médecins avancent que la ROSP « permet d’améliorer » leur pratique.

Les Généralistes-CSMF suggèrent d’ailleurs que plus qu’un moyen d’efficience, la ROSP est surtout un effet d’aubaine qui favorise les praticiens à grande patientèle.

Au syndicat de proposer un dispositif moins contraignant : « si l’on nous donne du temps, du moyen et des outils, les objectifs de santé publique essentiels, comme la réduction des examens en doublon, la réduction du taux d’hospitalisation, le respect des bonnes pratiques se fera naturellement ».

Faire confiance aux médecins en somme !

F.H.

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Vos réactions (1)

  • Prévisible

    Le 26 mai 2019

    Tout cela était d’autant plus prévisible que des études défavorables existaient en Grande-Bretagne (faciles à trouver sur internet) qui pratiquait déjà ce système. Reste à savoir pourquoi la CSMF en a fait une promotion effrénée à l’époque. Et pourquoi si peu de médecins l’ont refusée (je l’ai fait). Effet d’aubaine à courte vue probablement, doublé du fait que pour refuser, il fallait écrire à la sécu en R/AR, ce que beaucoup de confrères ne savaient pas, sinon l’adhésion était automatique pour la durée de la convention sans possibilité de s’en extraire.

    Dr Anne-Claire Moreau

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