Sale temps pour les remplaçants

Paris, le vendredi 24 mai 2019 -  Les sénateurs ont débuté mercredi l’examen en commission du projet de loi de santé.

Dans ce cadre, Alain Milon (LR) a déposé un amendement visant à limiter à trois années la durée totale des remplacements des médecins.

Cette idée a fait florès depuis quelques mois, dans la perspective de favoriser l’installation des médecins, alors que certains déplorent que certains jeunes diplômés soient devenus des « remplaçants professionnels ».

« Si le recours à la qualité de remplaçant peut être utile, de manière ponctuelle, dans le cadre d'un parcours professionnel ou pour un territoire spécifique, ce mode d'exercice dérogatoire ne doit pas devenir la règle à la sortie des études de médecine », argumente ainsi l'élu dans l'exposé des motifs.

« Après les débats sur la fin de la liberté d’installation, voilà que l’on vient d’inventer l’obligation d’installation différée (…). C’est évidemment une fausse bonne idée qui aura pour conséquence de faire fuir toujours plus les jeunes médecins de l’exercice libéral. Cette proposition part du principe que les jeunes médecins ne veulent pas s’installer et qu’il y aurait des remplaçants professionnels. Ces deux hypothèses sont fausses comme le prouvent les travaux sur le sujet » fustige le Dr Yannick Schmitt, Président de ReAGJIR*, dans un communiqué conjoint avec l’ISNAR-IMG**.

Les remplaçants professionnels n’existent pas !

Les deux organisations rappellent que le nombre de remplaçants en médecine générale progresse moins vite que les nouveaux inscrits à l’Ordre, alors même que les « médecins retraités actifs » sont désormais comptabilisés dans la catégorie "remplaçant" par l’institution ordinale. Des signes qui mettent en évidence, selon eux, que les « remplaçants professionnels » n’existent pas.

En outre, elles soulignent que ce texte s’inscrit dans « un contexte particulièrement défavorable aux remplaçants, entre durcissement de l’obtention des licences et obligation prochaine d’affiliation à la CARMF ».

En effet, le 1er janvier prochain entrera en vigueur l’obligation d’affiliation de tous les remplaçants à la CARMF : « il nous reste six mois pour trouver une solution viable aux remplaçants non thésés qui cotisent déjà pour un régime de prévoyance et de retraite » détaille le Dr Yannick Schmitt.

F.H.

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Vos réactions (8)

  • Un système déjà obsolète

    Le 25 mai 2019

    Franchement il y en à mare de tout ces abrutis qui veulent légiférer et contraindre tout le monde à leurs courtes vues afin d’être réélu.
    C'est stupide, inefficace, contraignant sans réflexion sur les effets pervers comme d'habitude. Il faudrait plutôt réfléchir vers quel type et pour quels besoins on devrait faire évoluer notre le système de santé plutôt que de mettre toujours plus d'argent et d'aberrations dans dans un système déjà obsolète.

    Dr Pierre Wirth

  • Toujours plus

    Le 25 mai 2019

    Simple conséquence de l'abandon d'une médecine vraiment libérale. Ne pas pleurer car ce sont les médecins eux même, et surtout les "dignes" représentants de la profession que l'on peut mettre dans le même pot : conseil de l'ordre, syndicats médicaux, qui sont responsables de l'évolution vers ce genre de mesures; lesquels sont, et c'est un avis personnel, plus intéressés par le pouvoir de ces postes, l'opportunité et ce qui est sonnant et trébuchant. Force est de reconnaitre que cela est très humain et se retrouve dans une autre sphère : la politique. Les convictions passent après...
    Alourdir les contraintes administratives, est le credo de ce pauvre pays. Quant au résultat, inutile de faire un schéma puisque la pente est descendante.

    Dr Christian Trape

  • Contrainte, contrainte

    Le 25 mai 2019

    Dans ce pays, les politiques sont paresseux et peu imaginatifs. Ils ne sont capables d'imaginer qu'une alternative: la contrainte ou la taxe. Et ils ne sont jamais punis…


    Dr Jean-Noël Chauveau

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