Un médecin sur deux touché par un des trois symptômes caractérisant le burn out

Paris, le mercredi 9 janvier 2019 – L’épuisement professionnel des médecins et des professionnels de santé est sorti de l’omerta où il avait été longtemps cantonné. Désormais, ceux qui avaient pris pour habitude de taire leur malaise, redoutant un aveu de faiblesse et voulant se conformer à l’image utopique de celui qui soigne et ne peut donc être vulnérable, ont décidé de prendre la parole. La médiatisation du suicide de plusieurs médecins et infirmiers, ainsi que le sentiment (justifié ou non) de dégradation des conditions de travail qui contribue à la dépersonnalisation ont contribué à cette évolution.

Jeunes médecins et urgentistes fortement touchés

Cependant, l’évaluation de la prévalence du burn out chez les médecins demeure difficile. Les enquêtes réalisées en la matière répondent à des critères divers qui ne permettent pas toujours d’apprécier leur pertinence. Deux psychiatres de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont tenté de corriger cette lacune. Ils ont réalisé une revue de la littérature en incluant 37 études scientifiques réalisées en France dans différents hôpitaux français entre 2000 et 2017. Leurs résultats mettent en évidence que 49 % des médecins présentent au moins un des trois symptômes caractérisant l’épuisement professionnel ; tandis que 5 % souffrent d’une forme sévère. Les travaux de ces praticiens signalent également que les urgentistes et les jeunes médecins sont plus exposés au risque de burn out, ce qui s’explique par leurs conditions de travail particulières. Les deux praticiens espèrent que ces données constitueront des éléments utiles aux autorités de santé pour mettre en place une politique plus efficace face à ce phénomène si fréquent.

Léa Crébat

Référence
Kansoun Ziad et coll. : « Burnout in French physicians: A systematic review and meta-analysis », Journal of Affective Disorders, Volume 246, 1 Marc 2019, Pages 132-147

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Vos réactions (1)

  • Demande de précisions

    Le 10 janvier 2019

    La prise en compte de cet article mériterait que l'on sache ce que sont "les 37 études menées dans différents hôpitaux français entre 2000 et 2007" ? Quelle était la qualité des médecins ayants porté ce diagnostic ? (ce n'est pas une discréditation ni une insulte). Le diagnostic positif du burn out est difficile et les diagnostics différentiels encore plus. Merci des informations que mes confrères me donneront.

    Dr Lucien Duclaud

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