Un plaidoyer pour décloisonner la médecine et les soins infirmiers

Paris, le mercredi 13 juin 2018 - Dans une tribune publiée dans le quotidien Les Echos, Le Pr Guy Vallancien, chirurgien urologue et membre de l’Académie de médecine, dont certaines positions singulières ont déjà été remarquées, estime qu’il est temps d’en finir avec « la division malsaine entre les infirmiers classés dans les professions dites paramédicales et les médecins ».

Infirmier, professeur de médecine : même combat !

Il considère en effet que « cette étanchéité » est inadaptée à la mise en place de parcours de soins, notamment pour la prise en charge des maladies chroniques. 

Pour lui « de l'infirmière au professeur de médecine, celles et ceux qui s'engagent dans l'univers du soin devront dorénavant être tous considérés comme exerçant une profession médicale à responsabilité variable selon leurs compétences », changement de paradigme pouvant, selon lui, s’appuyer sur le déploiement de l'intelligence artificielle et de la robotique.

Un tel décloisonnement, et pour tout dire une telle révolution, nécessiterait un changement radical de la maquette des études. Aussi, le Pr Vallancien propose la création d’une licence commune en santé « après sélection sur les notes du baccalauréat général et entretien oral » afin d’en finir avec le diktat des « sciences dures » qui ne « préparent pas mieux à la médecine que les sections littéraires », une vision, une fois de plus à contre courant.

Ce tronc commun, qui ferait la part belle aux stages hospitaliers dès la deuxième année donnera droit au titre d’infirmier en fin de licence, ceux qui voudront poursuivre intégreront alors un master de médecine générale, de médecine de spécialité, de chirurgie, de psychiatrie, de santé publique, de recherche et industrie, sur la base d’un classement selon des quotas régionaux calculés selon les besoins.

Trois années supplémentaires seront nécessaires pour obtenir le grade de docteur en médecine selon un quota régional plus restrictif reposant sur un nouveau classement, différent de l’ECN qualifié de « grand gâchis ».

Il souhaite que ces études, mettent en avant « dès la licence des cours de psychologie et de relations humaines avec les malades et entre professionnels, des cours de management, d'autres sur l'organisation du système de santé, sur l'économie de la santé, sur les aspects juridiques et éthiques professionnels et sur les techniques numériques »

Dans ce schéma, un licencié en soins infirmier ou un « assistant niveau master » pourra, s'il le désire, reprendre plus tard ses études pour passer au niveau supérieur.

Un regard novateur et original, qui ne laissera pas indifférent…

Frédéric Haroche

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Vos réactions (4)

  • Opportune

    Le 13 juin 2018

    La proposition du professeur Vallacien me semble parfaitement opportune quand à l’avenir de la profession

    Daniel cremniter

  • Le nivellement par le bas a décidemment la vie dure

    Le 15 juin 2018

    Je propose que tout bachelier dispose désormais de plein droit d'une équivalence doctorale ou de diplôme de grande école par anticipation, dès l'obtention du niveau bac (le diplôme lui-même devenant inutile).
    Après une période d’expérimentation, cette mesure pourrait être étendue à tout nouveau né...

    Dr Yves Darlas
    ( Je citerai l'exemple vietnamien, où des infirmiers se sont vus promouvoir" médecin" dans la mesure où l'un de leurs ascendants directs avait été "héros de la révolution" )

  • Licence et licence

    Le 17 juin 2018

    Le tronc commun proposé par Vallencien n'est pas nouveau ! S. Veil l'avait proposé en 1974. Seulement, jugé trop d'avant-garde par les politiques et certains médecins conseillers, cela avait été refusé...

    Il est surprenant que le débat reste muet sur les expériences internationales dont l'actualité est friande, la comparaison étant un sport national bien français.

    Personne en s'émeut que l'ostéopathie (pratique non validée) soit la porte d'entrée du premier recours dans les TMS. A 70-90€ la séance, non pris en charge par les organisme de protection sociale on peut s'étonner du comportement de certains à vouloir encadrer un transfert ou une délégation plus connu sous le nom de coopération... Car c'est bien de cela dont il s'agit !

    Que dire des physiothérapeutes aux USA, Royaume Uni, Australie, Pays-bas, Canada qui ont obtenu l'accès libre pour leurs actes...

    Dr Larochelle

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