Vaccination par les pharmaciens : les infirmières réaffirment leur hostilité à cette « très mauvaise » idée

Paris, le mercredi 26 octobre 2016 – Nous l’avons déjà souligné, l’amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2017 (PLFSS) introduisant une période d’expérimentation autorisant pendant 3 ans les pharmaciens d’officine à vacciner contre la grippe soulève un tollé chez les médecins et les infirmières. Cette revendication que la profession pharmaceutique porte depuis déjà un certain temps et pour laquelle son Ordre milite activement, n’est pas du goût des autres professionnels de santé pratiquant la vaccination.

Les syndicats de médecins libéraux ont ainsi déjà protesté et considéré qu’une solution plus efficace pour améliorer la couverture vaccinale serait de « demander à chaque pharmacien de doter chaque lundi les médecins traitants qui le souhaitent d'un lot destiné à la vaccination de leur patientèle pour les six jours qui suivent ». Pour sa part, l’Ordre national des infirmiers (ONI) vient de se prononcer sur la question et a « demandé aux parlementaires de ne pas voter l’extension aux pharmaciens de la vaccination ».

Elargir la vaccination infirmière plutôt que se tourner vers les pharmaciens

Qualifiant cet amendement de « très mauvaise idée », l’ONI rappelle que les infirmières et les infirmiers « sont en première ligne puisque leur rôle en matière vaccinale est d’ores et déjà inscrit dans la loi y compris hors prescription médicale » et s’inquiète que « des professionnels non formés puissent injecter dans un local commercial un vaccin qu’ils auront eux-mêmes délivré ! » L’instance déplore d’ailleurs, dans une lettre adressée à tous les députés, que le décret prévu ne leur autorise que la seule vaccination antigrippale pour les personnes âgées de plus de 65 ans et atteintes de certaines pathologies chroniques.

Plutôt que de faire entrer les pharmaciens dans le système de vaccination, l’ONI préconise donc « d’élargir la vaccination infirmière sans prescription médicale à d’autres populations pouvant être frappées par la grippe » et de ne pas se priver « du rôle majeur que peut jouer une profession de santé parfaitement formée et de surcroît la plus nombreuse sur le territoire (600 000 professionnels dont 100 000 se rendant quotidiennement au domicile des patients) ».

Benoît Thelliez

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Vos réactions (4)

  • Chacun son métier !

    Le 26 octobre 2016

    Il est certain qu'après 6 ans d'études dédiées au médicament les compétences des pharmaciens seraient mieux employées à la réalisation rémunérées de la PDA que d'aller faire des piqures occasionnelles.

    Inversement les piluliers sont faits par les infirmiers qui n'ont que très peu de compétences sur le médicament et au travers de rémunérations indirectes.

    Sans parler des responsabilités et des assurances dans les deux cas.

  • Vente de vaccins par les infirmiers

    Le 30 octobre 2016

    Les pharmaciens ont mieux à faire que pratiquer les vaccinations.
    Par contre les cabinets infirmiers pourraient disposer d'un stock de vaccins ce qui éviterait un intermédiaire coûteux. Il n'y a pas de petit bénéfice.

    Dr Alain Thevenin

  • Savoir piquer !

    Le 11 novembre 2016

    Tout à fait d'accord avec A Thevenin ! Et puis posons-nous d'abord la question qui tue : combien d'officinaux savent vraiment piquer ? :-)

    Alain Cros

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