La FIV s’envoie en l’air ?

Orbite de la terre, le samedi 23 septembre 2023 - Le fantasme de coloniser des planètes du système solaire implique celui de procréer dans l'espace. À la pointe de ce rêve, la start-up néerlandaise SpaceBorn United prévoit de mettre au point une première FIV spatiale sur un modèle murin d'ici 2025.

« Si nous voulons avoir des colonies humaines, sur Mars par exemple, et si nous voulons rendre ces colonies vraiment indépendantes, cela nécessite de résoudre le défi de la reproduction », affirme Egbert Edelbroek, le Géo Trouvetout hollandais à l'origine du projet Mission PRoCREATE. L'objectif (lointain) de ces travaux est de déterminer si les femmes peuvent débuter une grossesse dans l’espace, d’étudier l’évolution de leur gestation, les effets de la microgravité et des radiations cosmiques sur les gamètes et les embryons humains.

Plusieurs travaux ont cependant prouvé que la conception d'un enfant dans l'espace comporte des dangers pour la mère et pour le fœtus. Par exemple, une équipe russe était parvenue à accoupler des rats en orbite, mais une fois revenus sur Terre, les embryons n'étaient pas viables. On sait aussi que les voyages spatiaux de longue durée suscitent une baisse des taux de testostérone. On constate également une chute de pression artérielle au niveau des membres inférieurs, pouvant perturber l’érection. Évoquons enfin les altérations génétiques qui pourraient être favorisées par les radiations cosmiques, sans parler des altérations possibles de l’embryogénèse en apesanteur…

Premier accouchement de souris dans l’espace dans 5 ans ?

Mais pas de panique, SpaceBorn United dit avoir mis au point un prototype d'incubateur miniature pour fécondation in vitro (FIV), créé pour fonctionner en microgravité. De la taille d'un CD, le dispositif situé à l'intérieur d'une capsule tourne sur lui-même pour reproduire la gravité terrestre.

La société, qui devra sûrement attendre de nombreuses années avant d'obtenir l'autorisation de cultiver des embryons humains dans l'espace, prévoit dans un premier temps d'y envoyer des cellules reproductrices de souris. « Une fois dans l'espace (orbite terrestre basse), les embryons sont conçus et commencent à se développer dans un environnement artificiel proche de la gravité terrestre. Après cinq ou six jours, les embryons sont cryogénisés et l'incubateur retourne sur Terre où ils sont examinés. S'ils sont compatibles avec une implantation dans l'utérus, la grossesse et « l'accouchement » se dérouleront sur Terre », annonce SpaceBorn United sur son site internet. Au cours des cinq prochaines années, la société compte se concentrer sur la conception et le développement embryonnaire précoce. Une fois cela maîtrisé, elle axera ses recherches sur la naissance dans l'espace. On peut toutefois douter d’une application humaine de ces travaux à court ou moyen terme compte tenu des aléas du passage de la souris à l’homme.

Avec le développement rapide du tourisme spatial, la question de la sexualité dans les environnements spatiaux commence aussi à se poser sérieusement. Dans The Conversation, le professeur en technologies bioanalytiques David Cullen s'inquiète ainsi du manque d’anticipation des compagnies de tourisme spatial à ce sujet !

F.H.

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