Le châle est-il levé sur le mystère Jack l’éventreur ?

Londres, le 23 mars 2019 – Depuis 130 ans, d’innombrables personnes ont été suspectées des crimes de Jack L’éventreur.

Un « case report » publié cette semaine dans Journal of Forensic Sciences présente, selon ses auteurs « l'analyse génétique la plus avancée à ce jour en ce qui concerne les meurtres de Jack l’Eventreur ». Des travaux, qui, selon eux, les autorisent à désigner un coupable. 

Bon sang mais c’est bien sûr !

Ils ont pour origine les affirmations d'un homme d'affaires britannique et d'un biologiste (co-signataire de l’étude) qui ont avancé, en 2014, qu’Aaron Kosminski, un barbier juif polonais travaillant à Whitechapel serait Jack l'Éventreur.

Ils appuyaient leur thèse sur des analyses ADN réalisées par leurs soins sur des tâches de sperme et de sang retrouvées sur un châle ayant possiblement appartenu à l’une des victimes des meurtres de Whitechapel, Catherine Eddowes, une prostituée retrouvée au petit matin du 30 septembre 1888, éviscérée et égorgée.

Aaron Kosminski était en effet sur la « short list » des suspects des inspecteurs de Scotland Yard au moment de l’affaire mais avait été relâché, faute de preuve, 24 heures après son arrestation. Psychotique, il a ensuite passé le plus clair de son temps dans un asile d’aliénés où il serait mort en 1919.  

Dans le sérieux d’un laboratoire universitaire, une équipe de Leeds s’est penchée sur ce very cold case. Et, au total, pour elle, les analyses de l’ADN mitochondrial retrouvé dans la trace de sperme correspondent bien à celui de la famille d’Aaron Kosminski (grâce à une comparaison avec l'ADNmt des descendants d'une sœur du suspect ) et celui de la trace de sang à la victime (grâce au même type de comparaison). 

Un châle pas plus authentique qu’un manuscrit de Chasles ?

Peut-être pour préserver le mystère, dès la publication de cet article, des criminologues ont remis en cause ces conclusions. D’une part, ils estiment que l’ADN mitochondrial n’est pas un élément de preuve suffisant contrairement à l'ADN nucléaire et d’autre part ils mettent en doute l’authenticité de cette étoffe (qui selon certains parait avoir été été tissée après la mort des victimes).

Ils soulignent aussi que cette pièce de tissu n'apparaît pas sur la liste dressée sur la scène de crime par Scotland Yard, qu’elle est trop luxueuse pour Catherine Eddowes et qu’en toute hypothèse elle n’a fait l’objet d’aucune protection particulière jusqu’à son achat dans une vente aux enchères en 2007 et qu'elle aurait pu être contaminée par l'ADN de descendants de Catherine Eddowes lors d'exhibitions du châle.

Un Dupont-Moretti avancerait en outre que du sperme retrouvé sur le châle d’une fille publique assassinée ne saurait être une preuve tangible de culpabilité, le barbier pouvant n'avoir été qu'un simple client dans les jours ou les heures qui ont précédés le crime...

F.H.

Référence
Louhelainen J et Miller D. Forensic invstigation of a shawl linked to the "Jack the Ripper" murderd. J Forensic Sc 2019 (doi: 10.1111/1556-4029.14038).

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