Quelle légende urbaine la Covid-19 n’a-t-elle pas tuée ?

Paris, le samedi 11 juillet 2020 – Pour un virus, c’est la gloire. Ces agents pathogènes sont en effet de véritables divas. Il ne leur suffit pas de terroriser la planète et de bouleverser autant l’économie que les systèmes de santé, ils espèrent également avoir leur nom inscrit dans les pages cultures ou insolites. Ainsi, SARS-CoV-2 a-t-il probablement ressenti un petit frisson de plaisir en découvrant qu’il aurait été la star de « Covid party ». Début juillet, Sonya McKinstry, conseillère municipale de la ville de Tuscaloosa, dans l'Alabama, s’est ainsi désolée : des étudiants auraient organisé des réunions destinées à propager le SARS-CoV-2 afin d’être assurés d’être immunisés. L’élue assure même que les étudiants contaminés recevaient une récompense. L’information a rapidement été reprise par plusieurs médias américains mais aussi étrangers (dont le JIM voir ci-dessous) ; tandis que d’autres initiatives de ce type ont été ponctuellement rapportées depuis le début de la pandémie.

Dangereuses et stupides

Ces « Covid party » font écho aux rencontres autour de la varicelle dont on assure que plusieurs seraient chaque année organisées par certaines mères soucieuses de voir leur enfant « faire » rapidement cette maladie quasiment obligatoire. La grippe aurait également été souvent l’invité vedette de fiestas virales. Ces histoires font souvent frémir les spécialistes de santé publique. D’une part, le cynisme et l’inconscience de ce type de manifestations méconnaissent la dangerosité potentielle des infections ainsi contractées, d’autre part, dans le cas notamment de SARS-CoV-2, ces réunions oublient totalement le fait que les mécanismes immunitaires ne sont pas parfaitement identifiés.

La fête est finie

Si l’irritation est légitime elle n’est cependant pas nécessairement totalement pertinente. En effet, dans la majorité des cas, les enquêtes approfondies des journalistes et des forces de l’ordre ne parviennent pas à confirmer l’existence réelle de telles fêtes de l’immunité. S’il n’est pas rare qu’en dépit de la connaissance de leur infection par tel ou tel virus, beaucoup choisissent néanmoins de continuer à participer à soirées et autres festivités, l’organisation volontaire de rencontres dans le but de propager un virus est bien moins certainement avérée. Il en est pour le SARS-CoV-2 comme pour les autres virus.

Ainsi, le département de la Santé publique de l'Alabama a corrigé après l’intervention des élus de Tuscaloosa en indiquant qu’il lui avait été impossible de « vérifier si une ou plusieurs fêtes avaient réellement eu lieu et si des personnes infectées étaient effectivement présentes à ces fêtes ». Les recherches de cas contact de ces derniers jours n’ont en tout cas pas conduit vers une quelconque célébration. Le site de France TV remarque qu’une rectification du même type avait été faite par le comté de Walla Walla dans l’Etat de Washington en mai, admettant qu’aucune « Covid parties intentionnelles » n’avait été organisée, contrairement à ce qui avait été initialement affirmé.

Léa Crébat

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article