Qu’est ce qui est bon pour la santé mais risque d’énerver votre patron ?

Londres, le samedi 25 mars 2023 – On évoque beaucoup le rapport au travail ces derniers mois à l’occasion de la réforme des retraites (y compris dans le JIM plus de ce jour). Pour certains le travail est émancipateur et permet de s’accomplir, pour les autres c’est une contrainte pénible qui détruit les corps et abrutit les esprits. Le rapport au travail est évidemment différent que l’on soit médecin, avocat, architecte ou au contraire éboueur ou manutentionnaire.

Si certains (y compris très haut placé) estiment qu’il est temps de « remettre » la France au travail et de travailler davantage (deux ans de plus par exemple), d’autres au contraire vantent les bienfaits de la semaine de quatre jours. Ils se basent notamment sur les résultats d’une expérimentation menée au Royaume-Uni, pourtant pas réputée pour être un pays de gauchistes ou de tire-au-flanc.

Durant six mois, de juin à décembre 2022, 61 entreprises britanniques comptant 2 900 salariés ont expérimenté la semaine de quatre jours, sans réduction de salaire, soit la plus grande expérimentation sur la semaine de quatre jours menée dans le monde. Des entreprises de taille différentes (de moins de 25 à plus de 1 000 salariés) travaillant dans des secteurs différents, de la finance à l’humanitaire en passant par la restauration, ont participé à l’expérimentation.

Le travail c’est la santé…

Selon les résultats colligés par les très prestigieux (et travailleurs) chercheurs de l’université de Cambridge, présentés le 21 février dernier à la Chambre des communes, l’expérimentation a été un succès. La réduction de 20 % du temps de travail et l’allongement du week-end a notamment eu des effets bénéfiques sur la santé des travailleurs, notamment sur leur santé mentale.

Ainsi, 39 % des salariés ayant participé à l’expérimentation ont dit se sentir moins stressés en ne travaillant que quatre jours par semaine, 71 % indiquaient se sentir moins surmenés et à risque de burn-out. Près de la moitié des participants (43 %) ont également indiqué que leur santé mentale s’était amélioré au cours de ces six mois de week-end prolongé et 54 % rapportent s’être sentis moins anxieux. 37 % ont également indiqué une amélioration de leur santé physique, ce qui fait dire aux chercheurs de l’université de Cambridge que la semaine de quatre jours pourrait permettre de réduire les dépenses de santé du pays. Enfin, le nombre d’arrêts de maladie pris par les salariés a diminué de 65 %.

On se met à rêver : combien d’arrêts de maladies en moins avec une semaine de zéro jour ?

…ne rien faire c’est la conserver

« Quand vous voyez combien ce jour libéré vous a permis d’être détendu et reposé et prêt à tout donner les autres autre jours, vous vous dites que recommencer à travailler le vendredi serait une mauvaise idée, ce serait même stupide en fait » commente le dirigeant d’une des entreprises participantes. Avec une baisse des démissions de 57 %, une hausse du rythme de travail de 62 % et un chiffre d’affaires qui augmente de 1,4 %, la semaine de quatre jours semble également une réforme avantageuse pour les patrons et les actionnaires. 92 % des entreprises ayant participé à l’expérience ont décidé de maintenir ce rythme de quatre jours en 2023.

L’idée de ne travailler que quatre jours par semaine (et peut être trois, puis deux, puis plus du tout) gagne du terrain en Europe. Une expérimentation similaire a été lancée en Espagne. Depuis novembre dernier, les travailleurs belges peuvent demander à ne travailler que quatre jours, mais sans réduction du temps de travail cependant.

Au JIM, pour le plus grand bonheur des lecteurs, aucun projet de ce genre n’est à l’ordre du jour et vous pourrez pendant encore longtemps continuer à lire nos articles le vendredi…après une dure semaine de quatre jours.

Nicolas Barbet

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