Une orthèse qui réveille la prise en charge du syndrome d’apnée du sommeil

Paris, le samedi 16 octobre 2021 – Le traitement par pression positive continue (PPC) est celui qui apporte les meilleurs résultats dans la prise en charge du syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS). Cependant, on sait que son observance est particulièrement difficile. Aussi, le développement d’alternatives, même si elles n’offrent pas exactement la même performance thérapeutique, doit être observé à travers ce prisme.

Observance et performance

Ainsi, la société Resmed a-t-elle mis au point l’orthèse d’avancée mandibulaire (OAM) Narval CC. Ce dispositif, utilisé pendant le sommeil, « permet à la mâchoire inférieure de rester en position avancée, afin d’élargir les voies respiratoires et de restaurer le passage de l’air. Cela a pour effet de réduire les ronflements et de diminuer le nombre d’apnées et d’hypopnées qui peuvent perturber le cycle physiologique du sommeil et entraîner des risques cardiovasculaires » explique l’entreprise spécialisée dans les dispositifs destinés à favoriser la prise en charge à domicile et à prévenir les hospitalisations. L’étude ORCADES publiée en 2021 dans le Journal of Clinical Sleep Medecine, qui bénéficie d’un recul de cinq ans, a mis en évidence l’efficacité de cette orthèse pour la prise en charge des SAOS légers à sévères. Si bien sûr, le traitement par PPC demeure supérieur, l’orthèse jouit d’une observance remarquable (en moyenne de 6,7 heures d’utilisation par nuit). L’acceptation des patients est notamment importante, avec 96 % des participants à l’étude prospective ORCADES affirmant vouloir continuer à l’utiliser.

Alternative

Aussi, alors que Resmed se félicite d’avoir dépassé le nombre de 100 000 patients français équipés de cette orthèse entièrement conçue par ordinateur et imprimée en 3D, sa vice-présidente Europe, Lucile Blaise y voit une alternative à la PPC pour les patients atteints de SAOS sévère en échec thérapeutique.

D’après un communiqué de l’entreprise Resmed

Léa Crébat

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Efficacité et mortalité

    Le 16 octobre 2021

    A utilisation égale, la PPC donne un meilleur contrôle de l'index apnée-hypopnée (IAH) et en clair des désaturations, des apnées, des hypopnées, des limitations de débit et des micro-éveils. Seulement voilà, 50% des patients sont à moins de 4 heures de port de la PPC à 1 an. Du coup sur une nuit de 8 heures (en moyenne), c'est comme s'ils n'avaient fait que diviser par 2 leur IAH.

    A côté de cela, le port de l'orthèse d'avancée mandibulaire est bien meilleur et même s'il persiste 7-15 d'IAH assez facilement, l'IAH cumulé sur la nuit est aussi bon voir meilleur. D'ailleurs les données de mortalité ne s'y trompent pas, l'OAM ne fait pas moins bien que la PPC quand ils sont dans leurs critères de prescription.

    La PPC est répulsive pour les patients dès l'étape du diagnostic et domine 90% du marché alors que 8 mois de PPC coûte le même prix que 5 à 10 ans d'OAM. D'ailleurs en tant que somnologue, je me rends bien compte que tout un pan de la thérapeutique est sous-traité : les orthèses de rééducation linguale ont prouvé leur efficacité, la kinésithérapie pas sur la population générale mais des clusters y répondent, des exercices particuliers sur les dilatateurs du pharynx fonctionnent, mais tout simplement les traitements positionnels, la perte de poids, le traitement des causes inflammatoires de l'oropharynx, l'éviction vespérale de l'alcool et du THC. On oublie assez facilement les alternatives d'OAM chez Somnomed qui débloquent les situations. Heureusement on pense assez facilement aux amygdales palatines mais on oublie le contrôle des amygdales linguales plusieurs années après une amygdalectomie. A contrario les SAHS centraux sont bien mieux pris en charge à mon goût ; moins chronophages probablement.

    Conséquence ou non, les chiffres de dépistages chez l'adulte sont de 80% avec SAHS de patients non connus en 2018. Et quand on sait que les 2/3 des enfants avec un TDAH ont un SAHS, on se doute du degré de non dépistage chez l'enfant.

    Dr Pierre Serveille

Réagir à cet article