Après le régime méditerranéen, la diète nordique… A chacun ses goûts !

Le principe du régime nordique repose sur une alimentation locale et de saison, riche en fibres, avec peu d’aliments d’origine animale (à l’exception des produits de la mer) et exclut les aliments transformés et leurs ingrédients (sucres, additifs…).

Afin de démontrer qu’il est sûr, réalisable et, en exposant les jeunes enfants à une variété de saveurs, qu’il peut influencer ‘positivement’ les préférences alimentaires à long terme, une équipe de chercheurs a mis en place l’essai randomisé OTIS. Au total, 250 nourrissons ont été inclus à l’âge de 4 à 6 mois dont 82 % ont terminé l’essai (suivi jusqu’à 18 mois).

Les uns (n=125) suivaient le régime nordique comportant des aliments faits maison selon des recettes nordiques, des produits alimentaires pour bébés à teneur réduite en protéines (-30 %), et leurs parents recevaient des conseils de l’équipe diététique. Les autres (n=125) bénéficiaient de l’alimentation conventionnelle actuellement recommandée par l’Agence suédoise des aliments.

Le régime nordique fait aimer les fruits et légumes


L’étude montre des différences marquées dans les habitudes alimentaires des tout-petits selon le groupe. Les enfants du groupe régime nordique consomment 42 à 45 % de fruits et légumes en plus à l’âge de 12 et 18 mois, par rapport à ceux nourris avec le régime conventionnel (p<0,001).

Alors que la consommation de fruits dans ce groupe reste régulière, les bébés nourris avec le régime conventionnel réduisent leur consommation de légumes de 36 % entre l’âge de 12 et 18 mois. Les bébés suivant le régime nordique avaient un apport moyen en protéines inférieur de 17 % à 12 mois et de 29 % à 18 mois, par rapport à l’autre groupe (p<0,001), avec un nombre total de calories similaire.

Cette diminution de l’apport protéique se rapproche des recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). En revanche, les enfants du groupe régime nordique consomment plus de glucides provenant de légumes, et un peu plus de graisses provenant de l’huile de colza. Aucune différence de croissance, évaluée sur l’indice de masse corporel (IMC), n’a été mise en évidence entre les groupes. Le chercheurs n’ont par ailleurs constaté aucun effet négatif ni sur la durée de l’allaitement ni le statut en fer.

Un début précoce


Cette recherche pourrait ouvrir la voie à l’élargissement du spectre du goût chez les nourrissons et potentiellement fournir une stratégie efficace pour inculquer des habitudes alimentaires plus saines tôt dans la vie. Les chercheurs estiment que, faire gouter de façon répétée de petites portions d’aliments du régime nordique entre 4 et 6 mois, en amont de la diversification, a participé à l’adhésion à ce régime.

Le régime nordique suppose une consommation plus élevée de fruits et de baies (airelle, canneberge, framboise, myrtille), de légumes (céleri, choux, brocoli), d’herbes, de champignons, de tubercules (navet, panais, carotte, betterave) et de légumineuses, produits de manière régionale et saisonnière, ainsi que de grains entiers, d’huiles végétales, de poisson et d’œufs, et une consommation plus faible de bonbons, desserts et produits laitiers, ou de viande.

Les effets à plus long terme, sur le régime diététique, la composition corporelle et d’autres paramètres métaboliques seront évalués par le suivi de ces enfants jusqu’à l’âge de 7 ans.

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Référence
Johansson U, et coll. A randomised, controlled trial of a Nordic, protein-reduced complementary diet: Effects on dietary intake, biomarkers and growth until 18 months of age. Presented at the 54th Annual Meeting ESPGHAN, Copenhague, 22–25 juin 2022.

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