Lait maternel et immunité du nourrisson

A la naissance, le système immunitaire du nourrisson est immature. L’allaitement maternel va intervenir dans la protection du nourrisson encore fragile par l’intermédiaire de nombreux composés bioactifs.
Par ailleurs, le lait maternel est un fluide bioactif dynamique dont la composition évolue au cours du temps, du colostrum jusqu’à la fin de la lactation.

Le lait maternel, un cocktail de composés bioactifs

Le colostrum (le premier lait) contient de nombreuses cellules immunitaires comme des macrophages et des neutrophiles. En effet, en début de lactation, un enfant allaité peut consommer jusqu’à 1010 leucocytes maternels par jour ! Ces cellules immunitaires ont la capacité de résister au passage dans le système gastro-intestinal du bébé et d’influencer ses réponses immunitaires en cas d’infection.

Au cours de l’allaitement, la mère transmet également des immunoglobulines IgA. Ces anticorps permettent de neutraliser les agents infectieux. Ils apportent à l’enfant une protection supplémentaire contre les infections.

Le lait maternel contient également des protéines bioactives comme la lactoferrine. Cette glycoprotéine possède des propriétés bactériostatiques, bactéricides et immunomodulatrices.

Les HMO, de véritables alliés du système immunitaire

Les oligosaccharides du lait maternel (HMO), présents dans le lait maternel à hauteur de 5 à 15 g/L, sont essentiels au système immunitaire du nourrisson. Ils agissent à différents niveaux :
   • Ils modulent l’expression des glycanes présents à la surface des cellules épithéliales et participent ainsi au renforcement de la barrière intestinale, limitant la fixation de pathogènes au niveau de ces cellules.
   • Ils reconnaissent les pathogènes et les piègent en servant de leurre. Une fois fixés aux HMO, les pathogènes vont être éliminés dans les selles.
   • Ils jouent un rôle dans le maintien de l’équilibre immunitaire, dont l’acquisition de la tolérance, en équilibrant l’expression des lymphocytes Th1 et Th2 du nouveau-né, grâce à leur activité immunomodulatrice.
   • Ils favorisent la croissance de bifidobactéries bénéfiques, participant donc à l’établissement d’un microbiote intestinal protecteur.

Le lait maternel, un microbiote très riche !

Si le lait maternel a longtemps été considéré comme stérile, nous savons aujourd’hui qu’il possède en réalité son propre microbiote. Il contient en effet plus de 820 espèces de bactéries, principalement des Protéobactéries et des Firmicutes, en partie issues du tractus intestinal maternel. La composition du microbiote du lait maternel a une influence directe sur le développement du microbiote intestinal du nourrisson et, par conséquence, sur le développement de son système immunitaire.

Pour conclure...
Par ses différents composants bioactifs, le lait maternel apporte une protection renforcée aux nourrissons. Les bénéfices de l’allaitement sur le système immunitaire du bébé ne sont plus à prouver : le lait maternel stimule le développement de ses défenses immunitaires et lui apprend à réagir de façon adaptée.
Références
Daniel Munblit, Valerie Verhasselt, John O. Warner. Human Milk Composition and Health Outcomes in Children (editorial)Frontiers in Pediatrics July 2019, Volume 7 , Article 319 www.frontiersin.org
Olivia Ballard, Ardythe L. Morrow,Human Milk Composition: Nutrients and Bioactive Factors Pediatr Clin North Am. 2013 February; 60(1): 49–74.

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