Glasgow, le mercredi 22 août 2007 – Si vous avez sélectionné cet
article à partir de l’indispensable lettre du JIM, vous venez
inévitablement d’ouvrir votre messagerie électronique. Peut-être
est-ce la dixième fois que vous procédez à cette vérification au
cours de votre journée et sans doute observez-vous avec lassitude
et nervosité la masse des nouveaux courriers attendant une réponse.
Si la liste des messages arrivants ne fait naître chez vous nulle
exaltation et semble même à l’origine d’une anxiété grandissante,
vous ne serez guère surpris par les résultats d’une étude menée par
le département des sciences informatiques de l’Université de
Glasgow.
Vous avez 1 254 548 nouveaux messages
Le docteur Karen Renaud, le statisticien Mario Hair et la
psychologue Judith Ramsay de l’Université de Paisley ont observé
les habitudes de 177 salariés, travaillant dans des milieux
universitaires ou créatifs, dotés d’une incontournable messagerie
électronique. Ils les ont également interrogés afin de connaître
leurs sentiments nés de la consultation périodique de leur boîte
d’emails. Ils ont d’abord pu observer que les sujets
sous-estimaient (sciemment ou inconsciemment) le temps consacré
chaque jour à leur messagerie électronique. Bien que la moitié des
employés interrogés affirme consulter leur boîte seulement une fois
par heure et que 35 % avoue s’y risquer une fois toutes les quinze
minutes, la vérification des historiques permet de révéler que les
messageries sont en réalité ouvertes entre 30 à 40 fois toutes les
60 minutes, pour des mises à jour de quelques secondes. Cette
frénésie semble le signe du stress engendré par les messageries
électroniques. L’étude de Karen Renaud affirme ainsi que 34 % des
personnes interrogées confrontées à l’obligation de répondre
rapidement au courrier qu’elles reçoivent ressentent un grand
stress à la découverte de leurs nombreux nouveaux emails, tandis
que 28 % affirment se sentir « dirigés » par cette tension liée à
la multitude des courriers électroniques. Seuls 38 % des
participants paraissent accepter sans anxiété de remettre à plus
tard une réponse à un correspondant.
Un enjeu de santé publique !
Alors qu’un sondage publié le 1er août par le magazine le
Pèlerin avait souligné que c’est le mot « stress » qui est le plus
souvent associé par les Français à celui de travail et tandis
qu’une enquête européenne a révélé en février que plus de 27 % des
travailleurs se plaignent de troubles de santé liés au stress
professionnel, la lutte contre les emails intempestifs semble un
enjeu de santé publique ! Karen Renaud affirme en effet sans
ambages que les courriers électroniques représentent l’une des «
principales sources de problèmes dans nos vies
professionnelles ». Aussi cette spécialiste d’informatique
recommande-t-elle de limiter l’utilisation des messageries
électroniques : une solution qui pourrait ne pas déplaire à
certains employeurs, tant la folie des emails paraît se révéler
contre-productive.
L.C.
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