La régulation des dépenses de santé, rendue nécessaire par la
situation économique dans la plupart des pays développés, passe par
une évaluation des coûts des pratiques. Mais en ce qui concerne les
pathologies chroniques notamment, les dépenses de soins doivent
être comparées au coût économique et social de ces pathologies,
sous peine de tomber dans une logique de maîtrise purement
comptable de court terme.
Une étude hollandaise, publiée cette semaine dans le British
Medical Journal, l’illustre parfaitement. Elle mène une
évaluation économique de deux types de prise en charge des
lombalgies chroniques, en intégrant dans les coûts la perspective
sociétale.
La lombalgie chronique est en effet l’un des problèmes de santé
les plus fréquents dans les pays industrialisés, et malgré son
évolution le plus souvent favorable, elle est associée à un coût
important pour la société, dont l’essentiel (93 %) est lié à la
perte de productivité due aux arrêts de travail, 7 % seulement des
dépenses correspondant aux soins.
L’étude publiée dans le BMJ compare donc le rapport
coût-efficacité d’une prise en charge établie autour d’un protocole
de réadaptation progressive au travail, intégré dans un programme
de soins au sein d’une équipe pluridisciplinaire, et une prise en
charge classique par le médecin généraliste et le kinésithérapeute
conforme aux recommandations hollandaises. Les patients, âgés de 18
à 65 ans, présentent tous des lombalgies depuis plus de 12 semaines
et sont en arrêt de travail, le suivi est réalisé sur 12 mois et
prend aussi en compte les critères de qualité de vie appréciés par
l’échelle QALYs (quality adjusted life year).
Les patients bénéficiant de la prise en charge intégrée
consultent moins souvent les médecins et ont moins souvent recours
à des examens complémentaires.
Mais surtout, cette prise en charge permet une reprise du
travail plus rapide que le traitement classique (129 jours vs 197
jours en moyenne) et malgré un coût total direct des soins peu
différent dans les deux groupes, le rapport coût-efficacité est
supérieur pour la prise en charge intégrée. Le rapport
coût-avantages montre que pour chaque euro dépensé dans les soins,
le bénéfice est en retour de 26 euro.
Un gain non négligeable à la fois pour les patients et la
société et qui justifie selon les auteurs une évaluation plus large
pour déterminer les possibilités d’application plus étendue de ce
type de prise en charge.
Dr Roseline Péluchon
Lambeek L.C. et coll.: Effect of integrated care for sick listed patients with chronic low back pain: economic evaluation alongside a randomized controlled trial
BMJ 2010;341:c6414
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Vos réactions |
Une étude éclairante
Le 07 décembre 2010
Voilà une étude très éclairante du retour sur investissement d'une prise en charge multidisciplinaire des lombalgies chroniques mais est-elle audible par nos tutelles...?
Un MPR en retraite
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