Arrêt du tabac : le premier geste salutaire est d’en parler !

Paris, le lundi 22 octobre 2007 – John Britton de l’Université britannique de Nottingham et Richard Edwards de l’Université néo-zélandaise de Wellington rappelaient dans leur analyse publiée le 5 octobre dernier par le Lancet qu’après six mois d’utilisation des substituts nicotiniques et d’application au sevrage, seul un fumeur sur cinq a réussi à atteindre son but. L’absence totale d’aide rend plus improbable encore le succès de l’entreprise : une étude publiée en 2004 par le British Medical Journal avait souligné que seuls 3 % des anciens fumeurs demeuraient abstinents un an après s’être lancé en solitaire le défi du sevrage tabagique. Face à ces résultats, il apparaît que le médecin et les professionnels de santé ont un rôle d’accompagnement clé à jouer auprès des personnes souhaitant arrêter de fumer et qui sont de plus en plus nombreuses dans ce cas (60 % des fumeurs avouent nourrir une telle ambition !). Tel est le principal message d’une campagne de sensibilisation du grand public et des praticiens lancée aujourd’hui par les laboratoires Pfizer en collaboration avec le Comité contre les Maladies respiratoires, la Fédération française de pneumologie et la Société française de tabacologie.

La question « Voulez-vous vous arrêter de fumer ?» permet de gagner 200 000 abstinents de plus par an !

Le slogan que l’on entend à la fin du spot TV que l’on pourra voir dès aujourd’hui sur les écrans affirme : « Le moment où vous allez en parler pourrait être celui où vous arrêterez ». La formule n’est pas uniquement destinée à attirer l’attention des fumeurs candidats au sevrage, elle porte également en elle une vérité particulièrement frappante. La campagne pourrait d’ailleurs affirmer de la même manière aux professionnels de santé : « Le moment où vous allez en parler pourrait être celui où vos patients arrêteront ». Il apparaît en effet que le taux de succès de l’arrêt à long terme est multiplié par deux si les médecins se contentent de poser deux questions : « Est-ce que vous fumez ? » et « Voulez-vous arrêter de fumer » et si une brochure est offerte à ceux qui se révèlent désireux d’abandonner la cigarette. Ces observations issues de plusieurs études randomisées apparaissaient déjà dans des travaux français de 1995 qui avaient démontré que « l’offre d’une brochure d’information et la proposition d’une aide se traduisent par 4 fois plus d’arrêts soutenus par an ». Forts de ces résultats, les laboratoires Pfizer proposent la petite projection suivante : si les questions liées au sevrage étaient systématiquement posées « par les médecins, 2 % des fumeurs arrêteront de fumer, soit au moins 200 000 fumeurs par an en France ». C’est sur cette note résolument optimiste (et jamais culpabilisatrice) et sur la nécessité de s’entourer des conseils d’un praticien qui « validera la motivation » des candidats au sevrage, « proposera des solutions efficaces » et « préviendra les rechutes » que se décline l’ensemble de la campagne. Outre la diffusion de spot TV, elle s’articule autour d’un site internet, d’affiches à destination des praticiens et de brochures qui seront distribuées dans les cabinets médicaux et les officines. Moins de trois mois avant que n’entre en vigueur le second volet de l’interdiction de fumer dans les lieux publics, cette campagne propose de répondre à un véritable défi de santé publique.

A.H.

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