Isentress : une nouvelle étape dans la lutte contre le Sida

Paris, le vendredi 25 janvier 2008 – Si la découverte des premiers cas de Sida, il y a près de trente ans, semblait figurer l’émergence d’un véritable fléau biblique, il apparaît aujourd’hui que la lutte contre cette maladie, à la différence de nombreuses épidémies dans l’histoire, a bénéficié très rapidement de plusieurs armes thérapeutiques efficaces. Si ces dernières, et notamment les premières trithérapies ont parfois été considérées comme « miraculeuses », elles ne peuvent être vues comme un succès définitif, tant la lutte contre le Sida semble devoir se renouveler constamment. Il apparaît en effet aujourd’hui que les résistances aux antirétroviraux sont de plus en plus nombreuses et certaines études internationales suggèrent même que la résistance à au moins une classe d’antirétroviraux peut atteindre jusqu’à 76 %. En France, on estime que 27 000 personnes traitées ne bénéficient pas d’une charge virale maîtrisée (inférieure à 50 copies/ml dans la définition la plus stricte). Parmi ces patients, 4 % (environ 3 000) seraient en échec thérapeutique grave. Ces situations sont particulièrement inquiétantes, puisqu’on le sait « l’échappement virologique, s’il perdure sous traitement antirétroviral, expose au risque d’une multiplication de mutations de résistances », comme le résume la brochure consacrée à cette question, éditée par l’association Actif Santé dédié aux patients séropositifs (VIH et hépatite C).

Une nouvelle manière d’attaquer le VIH

Pour répondre à ce phénomène, les laboratoires MSD-Chibret ont engagé des recherches depuis 1993 sur les inhibiteurs de l’intégrase du VIH. Ces travaux ont contribué à la mise au point d’Isentress (raltégravir), premier médicament de la classe des inhibiteurs de l’intégrase. Le raltégrabir cible l’intégrase, ce qui a pour effet d’inhiber « l’insertion de l’ADN du VIH dans l’ADN humain » et donc de bloquer de nouvelles réplications virales. Aujourd’hui disponible en France, Isentress, a bénéficié d’une procédure d’évaluation accélérée de la Commission européenne et de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS). Expérimenté dans des études de phase II depuis 2005, puis dans des essais de phase III et prescrit en ATU en France à 1300 patients depuis 2006, le raltégravir est recommandé dans le traitement de l’infection par le VIH-1 en association avec d’autres agents antirétroviraux, chez les patients adultes prétraités, ayant une charge virale détectable sous traitement antirétroviral en cours. La posologie habituelle est de 400 mg, deux fois par jour. On notera par ailleurs que contrairement à certains antirétroviraux, il n’est pas obligatoire de l’ingérer au cours des repas.

Les résultats obtenus chez les patients ayant une charge virale détectable constituent, selon les experts ayant expérimenté le produit, une véritable révolution thérapeutique, avec une réponse virologique chez la majorité des patients après un délai beaucoup plus court (4 semaines) que ce qui avait pu être observé avec les autres anti-rétroviraux lors de leur mise sur le marché.   

Partenariats

Ce nouveau traitement est commercialisé en France au prix de 27 euros par jour. Dans les pays du monde ne disposant pas des ressources nécessaires (qui sont les plus touchées par le virus du Sida), Isentress devrait être  disponible à prix coûtant ou à prix réduit, grâce à une politique de partenariat international mise en place par le laboratoire.

AH

Référence
Conférence de presse des laboratoires MSD-Chibret le 22 janvier 2008

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