Keytruda associé à la chimiothérapie dans le cancer du poumon métastatique : 2 fois moins de décès à 1 an

Depuis l’arrivée des nouvelles immunothérapies en cancérologie, les résultats des études se succèdent à un rythme de plus en plus soutenu, en raison des nombreuses possibilités d’associations thérapeutiques et des divers types de cancers accessibles à ces traitements. C’est dans ce contexte que s’inscrit la divulgation des résultats intermédiaires de l’étude Keynote-189, présentés au dernier congrès de l’AACR (American Association for Cancer Research) et publiés conjointement dans le New England Journal of Medicine (1). Dans cet essai en double aveugle de phase III, 616 patients non encore traités pour un cancer bronchique non à petites cellules, de type histologique non épidermoïde, sans mutation EGFR ou ALK, métastatique, ont été randomisés pour recevoir, soit une chimiothérapie à base de pemetrexed et d’un sel de platine associée au pembrolizumab (Keytruda), anticorps anti-PD1 inhibiteur de point de contrôle immunitaire, soit la même chimiothérapie et un placebo.

Les résultats sont sans appel puisque la survie globale à 12 mois était de 69,2 % dans le bras recevant l’immunothérapie contre seulement 49,4 % dans l’autre groupe, soit un Hazard Ratio de 0,49 (p<001). De plus, si l’association thérapeutique diminuait le risque de décès jusqu’à 58 % chez les malades exprimant fortement le biomarqueur PDL1 (≥ 50 %), un bénéfice a également été mis en évidence chez les patients ayant une expression de PD-L1 bien moindre y compris < 1 % : la diminution globale du risque de décès était ainsi de 51 % quel que soit le statut PDL1. Un bénéfice significatif a également été noté concernant la survie sans progression et près d’un tiers des patients dont la tumeur avait progressé sous chimiothérapie a pu rejoindre l’autre groupe.

Pour ce qui est du profil de tolérance, il a été comparable dans les 2 groupes avec 67,2 % d’événements indésirables de grade 3-5 sous pembrolizumab et 65,8 % dans le groupe chimiothérapie seule.

De plus en plus de patients sous immunothérapie

Alors que le pembrolizumab est déjà utilisé de plus en plus souvent dans le traitement du cancer du poumon, y compris en première ligne, ces nouvelles données « constituent une étape importante et vont permettre à un plus grand nombre de patients de bénéficier de cette innovation », a souligné le Pr Christos Chouaid, pneumologue en oncologie thoracique au CHI de Créteil. En précisant « qu’il reste encore, en France, à investir davantage dans des essais de stratégie thérapeutique [qui apparaissent aujourd’hui essentiels] et à étudier beaucoup plus les données de la vie réelle ». Pour finir, il a ajouté qu’on ne peut que se féliciter de « la très grande rapidité d’adaptation des équipes françaises au nouveau paysage thérapeutique de la cancérologie, grâce au plan Cancer, aux réunions de concertation pluridisciplinaires et à la haute qualification des anatomo-pathologistes dans notre pays ».

Dr Patricia Thelliez

Références
D’après une conférence et un communiqué de presse de MSD France, en présence du Dr Dominique Blazy, directeur médical de MSD et du Pr Christos Chouaid, CHI de créteil.
1) Gandhi L et coll. Pembrolizumab plus chemotherapy in metastatic non small-cell lung Cancer. N Engl J Med 2018. Publication avancée en ligne. doi: 10.1056/NEJMoa1801005.

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