L'histoire d'un médicament qui a ramené la lumière sur des régions entières

Bogotá, le lundi 28 novembre 2005 - Des enfants tournent autour des rivières en riant. Aux temps des récoltes, ils aident les aînés. Dans un pays pauvre et ravagé par de nombreux conflits, comme la Colombie, ils savent qu'ils sont chanceux de pouvoir vivre dans une région fertile où l'agriculture leur permet de vivre et de manger à leur faim. Pourtant, ce lieu de paix n'est réinvesti que depuis quelques années par des familles enfin confiantes et n'ayant plus peur de ce mal qui rendait aveugle : l'onchocercose. Aujourd'hui, c'est une maladie du passé : la Colombie est devenue le premier pays à avoir éradiqué la « cécité des rivières ».

Le miracle est venu du « Mectizan » des laboratoires Merck Sharp and Dhome et de la participation de centaines de volontaires. L'éradication de l'onchocercose en Colombie et demain peut-être dans plusieurs autres régions du monde où elle sévit de manière endémique et notamment en Afrique c'est tout d'abord la volonté des laboratoires Merck Sharp and Dhome qui en 1987 ont fait don de leur produit à l'humanité.

Le premier échelon de distribution de quelque 40 millions de comprimés par an à travers le monde est d'abord constitué de plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) et notamment de l'Organisation pour la Prévention de la Cécité (OPC). Puis, dans quelque 61 000 communautés, sont désignés des responsables de la distribution, soit plus de 109 000 personnes. Ces dernières choisissent elles-mêmes quel mode semble le plus approprié entre le porte à porte, la distribution au dispensaire ou au coeur même du village. Un unique comprimé chaque année permet de prévenir le développement de l'onchocercose. Grâce à ce programme, le taux de cécité a partout diminué et la culture de ces zones désertifiées bien que fertiles a pu reprendre. Dans certaines régions où 30 à 40 % des habitants étaient devenus aveugles, des villages entiers avaient en effet été abandonnés. Les malades, pour leur part, sont souvent livrés à leur sort : dans un pays en voie de développement, la durée de vie d'un aveugle est de 10 ans et en Afrique, un quart d'entre eux meurent avant cinq ans. Grâce au don des laboratoires MSD et la participation bénévole d'un très grand nombre d'acteurs, la distribution de Mectizan ne représente qu'un coût de 8 euros par an et par personne.

La présence de spécialistes dans des régions où l'on compte un infirmier ophtalmologique pour 200 000 habitants et un ophtalmologue pour un million d'habitants a permis parallèlement le diagnostic et la prévention d'autres maladies oculaires fréquentes telle la cataracte ou encore le trachome. L'OPC et plusieurs ONG participent d'ailleurs au programme de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) « Vision 2020 : le droit à la vue », qui préconise à l'horizon 2020 l'élimination de l'onchocercose, du trachome et de la cataracte partout dans le monde. Entre les 6 et 9 décembre se tiendra à Paris une réunion du Comité directeur du programme de lutte contre l'onchocercose. © Copyright 2005 http://www.jim.fr

A.C.

Conférence de Presse avec le Pr Pouliquen, Président de l'OPC, le 22 novembre 2005.

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