La méningite à méningocoque : traiter mais surtout prévenir…

Les infections invasives à méningocoque (IIM) restent des pathologies redoutables. En France, 546 cas d’IIM ont été notifiés en 2017, 62 (12 %) ayant entrainé un décès et 40 (7 %) des séquelles précoces. Ces dernières sont orthopédiques, sensorielles, cognitives, psychiatriques, systémiques et neurologiques… et peuvent survenir malgré un traitement approprié en soins intensifs. Seule la vaccination permet de prévenir efficacement ces infections et leurs complications.

Malheureusement, l'incidence globale des IIM semble toujours augmenter (+13 % entre 2015 et 2016 et +3 % entre 2016 et 2017). Les plus touchées sont les nourrissons de moins de 1 an (9,4 cas déclarés/ 100 000 habitants) et les enfants de 1 à 4 ans (2,1/105).

La majorité des IIM sont dues aux sérogroupes B et C (68 % des cas en 2017).

Pour le sérogroupe C, on observe une stabilisation des cas d'IIM C dans la population des 1 à 24 ans ciblée par la vaccination contre le méningocoque C depuis 2010. Mais celle-ci n'étant pas assez répandue pour protéger indirectement les petits de moins de 1 an, on a introduit en 2017 la vaccination à l’âge de 5 mois, avec une 2e injection à 12 mois. Depuis, cette mesure semble infléchir l'augmentation importante des cas d'infections à IIM C constatée depuis 2010. Il faudrait toutefois élargir encore la couverture vaccinale pour protéger durablement l’ensemble de la population.

C'est le sérogroupe B qui touche le plus les enfants de moins de 15 ans (62 % des cas) ; l'incidence de l'IIM B est particulièrement élevée chez les petits moins de 1 an (6,1/105) et ceux de 1 à 4 ans (1,2/105 en 2017). Or, le vaccin contre les méningocoques B est recommandé seulement chez des personnes à situations de santé très particulières comme les immunodéprimés. Une limitation que déplore le Pr Hervé HAAS (urgences pédiatrique, hôpital Lenval à Nice).

Qu'en pensent les Français ? Pour le savoir, le laboratoire GSK a confié à Harris Interactive la réalisation d’une enquête. Il ressort que la moitié des personnes interrogées ne savent pas que la méningite est difficile à diagnostiquer du fait du caractère non spécifique des premiers symptômes, alors que la prise en charge doit intervenir le plus tôt possible. Beaucoup ignorent que les nourrissons et les très jeunes enfants sont particulièrement concernés par ces maladies. Enfin, 79 % des personnes se disent mal informées sur les complications des IIM. Finalement, seulement 1 Français sur 4 a entendu parler des vaccinations contre les IIM. Mais 80 % des parents se disent favorables aux vaccinations de leurs enfants contre ces maladies si un professionnel de santé le recommandait.

Véronique Canac

Références
-Dossier de presse: « Méningite à méningocoque : mieux comprendre pour agir », et le communiqué de presse « Méningite à méningocoque : mieux comprendre pour agir ». GSK, octobre 2018.
-Santé Publique France: Bilans annuels. Les infections invasives à méningocoques en 2017.
-InVS: Les infections invasives à méningocoques en 2017. Données épidémiologiques.
-des Portes V: Quel suivi à long terme pour quels patients ? Séquelles des méningites bactériennes chez l’enfant et chez l’adulte : incidence, types, modes d’évaluation. Médecine et maladies infectieuses 2009 ; 39 : 572–580.

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