Les épidémies de gastro-entérite auront-elles demain un nouveau visage ?

Paris, le jeudi 18 janvier 2007 – Est-ce la dernière fois que l’on entend, au lendemain des fêtes de fin d’année et à l’heure où sévit le pic épidémique de gastro-entérite, les urgentistes révéler leur inquiétude face à l’engorgement des urgences ? La tristement célèbre gastro est en effet responsable chaque année de quelque 18 000 hospitalisations, tandis que les passages aux urgences se multiplient, comme le rapporte encore cette semaine le réseau Oscour qui analyse l’activité de ces services. Ce fléau qui représente une véritable angoisse pour les parents des plus petits (une très grande majorité des enfants a été infectée au moins une fois par un rotavirus avant l’âge de deux ou trois ans) et qui est à l’origine de dépenses de santé particulièrement élevées, estimées à 28 millions d’euros par an, pourrait quasiment disparaître. La solution consisterait en effet en une vaccination préventive, rendue possible désormais grâce à la mise à disposition depuis ce 15 janvier, du premier vaccin rotavirus pentavalent des laboratoires Sanofi Pasteur MSD, le très attendu RotaTeq. Ce vaccin qui a obtenu une autorisation de mise sur le marché en juin dernier offre en effet une immunisation contre les rotavirus de type G1P1[8], G2P[4], G3P1[8], G4P1[8] et G9P1[8], responsables de 98 % des infections à rotavirus en Europe. La très vaste étude REST, menée auprès de 700 000 enfants âgés de 6 à 12 semaines, qui constitue l’un des plus vastes essais vaccinaux en double aveugle réalisé à ce jour, a permis de confirmer l’efficacité du vaccin, qui prévient dans 98 % des cas les formes sévères de la maladie et qui réduit de 94,5 % les hospitalisations et les consultations aux urgences. Quelle qu’en soit la gravité, les gastro-entérites liées à un des cinq rotavirus présents dans le vaccin sont évitées dans 74 % des cas grâce à RotaTeq.

 

La France une nouvelle fois en réserve

 

Face à cette très importante innovation, si le conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHP) se montre encore réservé à l’idée d’initier un programme de vaccination systématique, certains pays d’Europe n’ont d’ores et déjà pas hésité à franchir le pas. Ainsi, au Luxembourg, dans un avis rendu en novembre dernier, le Conseil supérieur d’hygiène publique « recommande que la vaccination contre le rotavirus soit dès à présent présentée aux parents de nourrissons et les avantages attendus expliqués », tandis qu’un schéma vaccinal, débutant à l’âge de deux mois a même été dessiné. En Belgique et en Autriche, les autorités sanitaires se sont montrées plus audacieuses encore en mettant en place une vaccination systématique de l’ensemble des nourrissons.

 

 

Pays en voie de développement : 500 000 morts évitables

 

Responsables en Europe d’épidémies saisonnières peu meurtrières, dont l’édition 2007 ne semble guère se démarquer des précédentes, les rotavirus représentent un danger bien plus vif dans les pays où la simple réhydratation d’un patient ne peut pas toujours être réalisée facilement. On estime ainsi que dans les états les plus pauvres de la planète, le rotavirus tue chaque année 500 000 enfants. A destination de ces pays, les laboratoires Sanofi Pasteur MSD ont mis en place une série de programmes pour offrir gratuitement à des populations éprouvées le bénéfice du vaccin. C’est ainsi qu’au cours des trois prochaines années, tous les enfants naissant au Nicaragua bénéficieront d’une vaccination gratuite contre les gastro-entérites à rotavirus.


A.H.

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