Les jeunes ne vont pas si mal, merci

Paris, le mardi 9 mai 2006 - Il y a ceux qui n'ont pas été jeunes depuis des siècles et qui regardent ces êtres d'un autre âge avec une inquiétude grandissante. Toujours plus ou moins suicidaires, les jeunes seraient, selon ces observateurs, particulièrement inquiets face à des perspectives d'avenir totalement bouchées où le mot précarité sonnerait comme un leitmotiv, se glissant dans la moindre parcelle de vie : la vie professionnelle, la vie sentimentale ou encore la vie familiale. Mais ces fins connaisseurs de la jeunesse n'ont-ils pas tendance à projeter leurs propres peurs sur leurs enfants ? D'autres voudraient que la jeunesse ressemble toujours à la leur : idéaliste et passionnée, se fiant peu aux valeurs traditionnelles telle que la famille, prête à changer le monde et la société. Il semble cependant que la jeunesse d'aujourd'hui ait préféré troquer l'idéalisme d'hier contre une lucidité tranquille et néanmoins confiante. Telles sont tout du moins les conclusions de l'enquête menée par Ipsos auprès de 800 adolescents de 15 à 18 ans, pour la Fondation Wyeth pour la santé de l'enfant et de l'adolescent. Menée en « face à face » par des enquêteurs d'IPSOS, au plus fort de la crise du CPE, du 14 au 28 mars, l'enquête met à mal de nombreuses idées reçues.

Les jeunes, en effet, ne vont pas si mal. Dans une très grande majorité des cas, l'angoisse ne les a pas atteints : 79 % des adolescents affirment ainsi se sentir bien à l'école, tandis que 71 % déclarent être « le plus souvent satisfaits » de ce qui leur arrive et si 42 % avouent se sentir « sous pression » notamment dans leur vie scolaire, rien ne dit que cette pression soit toujours négative. Si le fait de se sentir mal dans sa peau concerne 16 % des sondés, au regard de l'ensemble des réponses, seules 5 % des personnes interrogées peuvent être considérés comme véritablement « angoissées ».

Ce bonheur qu'ils affichent est-il le signe d'un regard idéaliste sur notre monde ? La lucidité des adolescents est au contraire étonnante : 25 % seulement des 15-18 ans veulent croire que demain sera meilleur qu'aujourd'hui, tandis qu'à contrario de ces optimistes 85 % se disent inquiets des évolutions de la société française et 90 % de celles du monde. De même, sans ambages, la jeunesse pense que l'argent fait tourner le monde (82 %). Une action collective est-elle alors prônée pour renverser ces tendances ? Il apparaît que c'est plus souvent un engagement individuel qui attire les adolescents : 81 % d'entre eux estiment qu'il est « important de consacrer du temps à des associations », tandis que la préservation de l'environnement passe pour 93 % des sondés par « des gestes simples ». Que le monde soit promis à de nouvelles dérives ne les empêche pas en effet de croire en un avenir possible pour eux : 64 % s'affirment ainsi confiants quant à leur avenir personnel et 91 % des adolescents ont déjà une idée précise de leurs futurs projets professionnels, qu'ils estiment le plus souvent réalistes (la note moyenne de pronostic de réalisation étant de 6,9/10). S'ils savent déjà vers quel chemin professionnel orienter leur vie, ils sont également certains de leur priorité. La bande d'amis, l'argent ou encore la musique ne figurent pas parmi ce qui compte le plus pour eux, cette première place étant le plus souvent réservée aux parents, cités en premier choix dans 60 % des cas et figurant parmi les quatre principales priorités pour 90 % des adolescents. « Famille, je vous hais ! », n'est plus qu'un mauvais refrain. © Copyright 2005 http://www.jim.fr

A.H.

« Deuxième forum adolescences. Etre adolescent dans un monde incertain », Fondation Wyeth pour la santé de l'enfant et de l'adolescent.

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