MSD : trois lettres contre le VIH

Paris, le mardi 4 décembre 2007 – Interviewé pour le journal du dimanche, Khalil Elouardighi, qui siège au conseil d’administration d’UnitAid et responsable international à Act Up-Paris regrettait ce 30 novembre : « C’est dommage que l’on s’intéresse au sida uniquement lorsque les médias en parlent, à l’occasion d’une journée évidemment médiatique ». Loin de ce feu médiatique et loin des images d’Epinal, qui voient toujours s’opposer le profit des multinationales pharmaceutiques et la souffrance ignorée des patients les plus pauvres, le Sida est une lutte 365 jours de l’année non seulement pour les malades et les professionnels de santé, mais aussi pour ceux dont la mission est de fabriquer des médicaments et qui face à certaines situations particulièrement dramatiques ont à cœur d’en faire bénéficier le plus grand nombre.

Prix cassés et génériques

C’est ainsi que les laboratoires MSD ont multiplié au cours des vingt dernières années les partenariats et les programmes d’aide aux pays les plus pauvres. Jouant de son premier pouvoir en la matière, MSD a accepté à partir de 2001 d’abaisser très significativement le prix de ses deux médicaments antirétroviraux (Indinavir et Efavirenz) dans les états les plus défavorisés en fonction de l’indice de développement humain et de la prévalence de la maladie. En outre, alors que la protection des brevets a longtemps cristallisé les conflits entre les différents acteurs au chevet des malades du Sida, MSD a accordé la licence de l’éfavirenz à un fabricant de médicaments génériques, Aspen Pharmacare. Cette entente bénéficie à l’Afrique du Sud, la République Démocratique du Congo, le Lesotho, Madagascar, l’Ile Maurice, la Namibie, les Seychelles, le Swaziland et le Zimbabwe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Du Botswana à la Chine en passant par la Roumanie…

Si l’Afrique demeure aujourd’hui la première victime du Sida, l’originalité de l’engagement de MSD a consisté à s’intéresser à toutes les régions du monde. C’est ainsi que parallèlement à une action au Botswana où MSD, dans le cadre du programme ACHAP (African Comprehensive HIV/AIDS Partnership) donne ses antirétroviraux, le laboratoire est également présent en Roumanie et en Chine. Dans ce premier pays, l’attention est concentrée sur les enfants contaminés par le virus du Sida. Un partenariat entre MSD et le gouvernement roumain a permis d’offrir aux jeunes séropositifs « une couverture universelle de médicaments antirétroviraux » : en vertu de ce dispositif, le laboratoire livre à la Roumanie ses produits sans faire de bénéfices. En Chine, où la lutte contre la maladie se heurte, comme on le sait, à de nombreux obstacles politiques, MSD se félicite d’avoir « initié » « le plus vaste programme » contre le Sida. Quelques 30 millions de dollars ont ainsi été engagés depuis 2005, pour « enrayer la propagation du virus ». Trois provinces du Sichuan sont aujourd’hui visées, mais l’objectif est d’élargir l’action à l’ensemble du pays. Le soutien de MSD à divers programmes mis en place dans différents états et sa collaboration avec d’autres partenaires essentiels auront contribué à la formation de 2 200 médecins africains, à celle de nombreuses infirmières et sages-femmes dans 24 pays et au traitement à prix réduits de 545 000 patients dans 76 états.

Innovations thérapeutiques

Formation, financement, politique d’abaissement des prix ne sont pas les seuls signes de l’engagement de MSD contre le Sida. La mise au point de nouveaux médicaments toujours plus performants se révèle également primordiale. Après avoir été les premiers à démontrer l’efficacité de l’inhibition de l’enzyme protéase et alors que l’éfavirenz (Stocrin, arrivé en 1999) est un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (INNTI) toujours essentiel dans la lutte contre le VIH, l’avenir s’appelle ISENTRESS. Le raltégrabir, « premier représentant d’une nouvelle classe d’antirétroviraux : les inhibiteurs de l’intégrase » est aujourd’hui l’objet de deux autorisations temporaires d’utilisation en France. Traitement particulièrement prometteur, il vient, en outre, d’obtenir un avis favorable du Comité des médicaments à usage humain de l’Agence européenne pour l’évaluation des médicaments. Ne doutons pas que l’objectif de MSD sera de faire également bénéficier le plus rapidement possible les plus pauvres de ses produits si innovants et performants.

A.H.

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