Neuf mois après son arrivée en Europe, Gardasil est remboursé en France !

Paris, le jeudi 12 juillet 2007 – Les différentes étapes ayant accompagné l’arrivée de Gardasil en France, jusqu’à l’annonce de son remboursement ce mercredi 11 juillet, paraissent semblables à l’histoire d’une naissance. C’est en effet il y a neuf mois, que le vaccin quadrivalent des laboratoires Sanofi Pasteur MSD, indiqué dans la prévention du cancer du col de l’utérus et d’autres maladies génitales liées aux Papillomavirus Humains de type 6, 11 ; 16 et 18 est autorisé en Europe. Alors que le produit, qui représente une véritable révolution dans la prévention du cancer du col de l’utérus, qui tue encore un millier de femmes chaque année en France, est immédiatement commercialisé dans plusieurs pays d’Europe, l’hexagone attendra cependant encore deux mois avant de le faire entrer dans son arsenal pharmaceutique. Dès lors, naissent de multiples interrogations concernant l’opportunité d’édicter des recommandations vaccinales spécifiques. L’Autriche, pionnière européenne, a en effet choisi dès la commercialisation du vaccin de préconiser l’immunisation des filles et des garçons dès l’âge de 9 ans, tandis que les Etats-Unis se sont prononcés en faveur de campagnes de vaccination ciblant les adolescentes à partir de 11 ans.

Prise en charge à hauteur de 65 % pour les femmes concernées par les recommandations vaccinales

La France s’est orientée vers une troisième solution, quand il y a un peu plus de trois mois ont été publiées de nouvelles recommandations vaccinales par le Conseil supérieur d’hygiène publique (CSHP). L’instance nationale a choiside préconiser « dans la perspective de la prévention des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus ainsi que la prévention des condylomes vulvaires, la vaccination des jeunes filles de 14 ans, afin de protéger les jeunes filles avant qu’elles ne soient exposées au risque de l’infection HPV ». La vaccination doit également être proposée selon le CSHP « aux jeunes filles et jeunes femmes de 15 à 23 ans qui n’auraient pas eu de rapports sexuels ou au plus tard, dans l’année suivant le début de la vie sexuelle ». Cet avis devait irrémédiablement entraîner en France de nouvelles discussions concernant le remboursement de Gardasil et dans cette perspective, le CSHP mettait l’accent sur la nécessité de « permettre une prise en charge financière des adolescentes souhaitant être vaccinées sans avis parental ». Sans encore s’exprimer précisément sur ce dernier point, la France a néanmoins achevé sa gestation en indiquant ce 11 juillet que Gardasil était désormais remboursé par l’assurance maladie à hauteur de 65 %. Cette prise en charge bénéficiera aux adolescentes et aux femmes visées par les recommandations vaccinales du CSHP. Le coût pour la Sécurité sociale pourrait s’élever à 100 millions d’euros et cette prise en charge témoigne selon le communiqué du ministère de la santé de « la volonté du gouvernement d’améliorer la prévention des pathologies les plus graves ». Le texte diffusé hier souhaite également souligner que cette décision représente une « grande avancée pour la santé des femmes ». Conformément aux mises en garde du CSHP, le ministère de la Santé tient enfin à rappeler « qu’un suivi régulier (…) et un dépistage par frottis vaginal restent indispensables ».

A.H.

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