PASI100 chez un patient sur 2 après 2 ans : le pari du brodalumab

L’impact du psoriasis sur la qualité de vie est considérable, supérieur à celui du diabète, de la dépression, des pneumopathies chroniques et de la plupart des maladies chroniques selon certains auteurs. Dans sa forme modérée à sévère, nous disposons heureusement aujourd’hui de plusieurs produits efficaces. Mais que veut dire efficacité aux yeux du patient ? Traditionnellement évaluée par le PASI, cette efficacité, même si elle majeure aux yeux du dermatologue (un PASI90 correspond à 90 % d’amélioration du PASI de départ), elle peut ne pas être suffisante aux yeux du patient. Que signifie en effet pour lui la disparition de ses plaques au niveau du tronc s’il en persiste au niveau de la face et des mains ? Le PASI100 apparaît donc pour certains la seule option possible, souligne Sascha Gerdes (Kiel).

C’est dans ce contexte qu’il faut appréhender le bénéfice apporté par le brodalumab, un nouvel agent biologique approuvé depuis peu par l’EMA en cas de psoriasis modéré à sévère et mis sur le marché par les laboratoires Leo Pharma dont l’implication en dermatologie en général et dans le psoriasis en particulier ne date pas d’hier…

Ce brodalumab se différencie des autres anti-IL-17 car il se fixe sur les récepteurs à l’IL-17 des cellules cutanées plutôt que sur ses ligands et les médiateurs circulatoires circulants comme les autres anti-IL-17. Il est ainsi le seul anticorps monoclonal entièrement humain qui cible sélectivement le récepteur de l’IL-17A. Cette action lui permet de bloquer l’activité biologique de plusieurs IL-17 pro-inflammatoires responsables de la formation de plaques.

C’est en se basant sur un large programme de développement et des 3 études AMAGINE de phase III portant sur 4 373 patients que le brodalumab a obtenu cette autorisation de mise sur le marché. Ces 3 études qui ont évalué le brodalumab à deux doses (140 et 210mg) versus placebo et versus ustékinumab ont démontré qu’il est possible d’obtenir une disparition complète des lésions (PASI100) après 12 semaines chez un très grand nombre de malades (44 % versus 22 % sous ustékinumab dans AMAGINE-2, 37 % versus 19 % dans AMAGINE-3, et 41,9 % versus 0,5 % sous placebo dans AMAGINE-1).

Ces résultats que l’on retrouve de manière équivalente dans les 3 études sont non seulement impressionnants, mais aussi jamais constatés auparavant. Le PASI100 se maintient également sur le long terme, comme en témoigne le fait que 56 % des patients sont toujours à ce stade après 52 semaines, une efficacité qui persiste encore après 2 ans comme en témoignent les résultats d’une étude présentée au cours de cet EADV.

Il va de soi que la qualité de vie des patients, mesurée par le HrQOL et par le score DLQI est également améliorée de manière significative par ce produit qui est administré par voie sous-cutanée à raison d’une injection par semaine pour les 3 premières injections, ensuite une injection tous les 15 jours.

L’implication de Leo Pharma ne se limite au psoriasis comme en témoignent des études phase I sur un anticorps anti-IL-22R dans l’eczéma, des études de phase 2 avec un inhibiteur JAK administré par voie topique dans les maladies cutanées inflammatoires et un anti-PDE4 dans le psoriasis et des études de phase 3 avec dixosate d’ingénol, nouveau dérivé d’ingénol pour le traitement des kératoses actiniques, et le tralokinumab, un anticorps anti-IL-23 en cas de dermatite atopique.

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Référence
Gerdes S. Begin with Skin : Exploring disease impact and new management options. Conférence de presse internationale Leo Pharma à l’occasion de l’EADV. Genève, 14 septembre 2017.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article