Sécurité des tampons hygiéniques: de la fabrication à l’utilisation

Depuis plus de 80 ans, Procter & Gamble, société mère de la marque Tampax, fournit aux femmes des protections hygiéniques fiables et conformes aux règlementations en vigueur. Les produits de la marque sont constitués de rayonne, coton, polyester, polyéthylène et polypropylène (http://www.tampax.fr/fr-fr). Leur mise sur le marché est conditionnée à leur conformité aux réglementations européenne REACH (Enregistrement, Évaluation, Autorisation, Restriction des Substances chimiques) et française DSGP (Directive sur la sécurité générale des produits) concernant les articles d’hygiène (2001/95/CE). Le règlement REACH (1907/2006/CE) vérifie l'absence de risque chimique pour la santé humaine et l'environnement des substances utilisées dans le produit selon l'ECHA (European Chemicals Agency) et la liste officielle des « substances préoccupantes » SVHC (Substances of Very High Concern). Au total, les tampons ont une carte de toxicité correspondant à trois types de dangers dont l'absence doit être documentée par des études conformes : chimique (toxicité locale et systémique), physique (effets sur la muqueuse vaginale) et microbiologique (risque de syndrome de choc toxique [SCT] et impact sur la flore vaginale). Contrairement à certaines allégations, aucun pesticide ni dioxine n’est ajouté aux tampons Tampax. Toxicologue à l’Université Paris Sud, le Pr Marc Pallardy souligne que « la présence d’une substance dans un tampon à l’état de traces ne signifie pas qu'elle est nocive à cette teneur ». D'une part, elle peut être liée à la présence de ces substances dans l'environnement (eau, air, sol, etc.), d'autre part les doses rapportées sont trop faibles pour affecter la santé.

Une fois sur le marché, la surveillance de ces produits relève de la responsabilité du fabricant ou du distributeur et du contrôle des 31 Etats de la Commission Européenne (CE), facilité par le système d'échange rapide d'informations RAPEX. Enfin, depuis 2000, les fabricants de tampons appliquent le code de bonne pratique EDANA reconnu par la CE concernant les informations relatives à la santé, à l’utilisation des tampons, à leur niveau d’absorption, à l'éducation des consommatrices et à la sécurité des produits.

Malgré tout, les dispositifs intra-vaginaux comme les tampons sont associés à un faible risque de SCT, dont l'incidence reste stable depuis les années 1980 (1 à 2/100 000 aux Etats-Unis et 0,7/100 000 au Royaume-Uni chez les femmes réglées). Les bactéries en cause (staphylocoque doré ou streptocoque) ne sont pas apportées par le tampon, mais elles sont présentes au niveau cutané, nasal, buccal ou anal. Le SCT apparait essentiellement chez les rares sujets ne disposant pas d’anticorps anti-TSST-1 (toxic-shock syndrome toxin-1). Il peut être favorisé par une effraction cutanée (coupure, brulure, morsure d’insecte, chirurgie), l'utilisation d’une éponge hémostatique (épistaxis), les infections staphylococciques ou streptococciques (angine, impétigo, cellulite), l'utilisation prolongée d’un même tampon, ou de modèles absorbants non adaptés au flux chez des femmes à risque (sans immunité anti-TSST, par exemple).

Le Dr David Elia (gynécologue) recommande de toujours se laver les mains avant et après l'utilisation d’un tampon, d'utiliser un tampon ayant la plus faible absorption nécessaire au flux menstruel, de ne pas le porter plus de 8 heures, de le retirer à la fin de la période de menstruation et de ne pas en porter en dehors des règles. De plus, il n’est pas recommandé d’utiliser de tampon lors du traitement d'une infection vaginale, ni dans les 2 mois après un accouchement, ni en cas d'antécédent de SCT. En cas de symptômes évoquant un SCT (1), le tampon doit être ôté immédiatement et la patiente consultera son médecin ou se rendra aux urgences.

Claude Sarlin

Références
D'après la conférence de presse: “Le bon usage des tampons,. Le point par Tampax”. 12 janvier 2017.

1. Le syndrome de choc toxique staphylococcique selon la définition du CDC (Centres américains de contrôle des maladies) : Forte fièvre (> 38,9° C), érythrodermie maculaire diffuse, hypotension artérielle, au moins 3 implications systémiques (gastro-intestinale, musculaire, rénale, hépatique, hématologique, neurologique centrale), desquamation, résultats négatifs aux tests classiques (hémoculture, culture de frottis de gorge et de LCR) et éventuellement positif pour d'autres (leptospirose, rougeole ou fièvre pourprée des montagnes Rocheuses).

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